Page 8 sur 9

Posté : jeu. 8 janv. 2015 17:36
par Aion
Oui, je comprends ton "bémol", et je trouve que tu as entièrement raison : il y a encore des (très) bons dans cette histoire malgré sa rudesse, qui ne sont d'ailleurs pas sans rappeler les héros des bons vieux récits initiatiques des années 80-90.Comme je suis davantage fan de fantasy "old school", ou au moins de récits dans lesquels les "bons sentiments", même malmenés, peuvent exister (j'adore le mythe arthurien dans ce qu'il a de tragique, par exemple), cela me convient parfaitement, mais je comprends que cela puisse gêner un amateur de récits plus noirs, ou que ce genre de style un peu bâtard ne plaise pas à tout le monde.Raison pour laquelle il faut rester prudent avec les comparaisons avec d'autres oeuvres, d'ailleurs.Pour la fin, tu me confortes dans mon idée! :D

Posté : jeu. 8 janv. 2015 20:00
par indy620
Apres le coté "bon" de certains persos , n'est pas un défaut rédhibitoire . Et je conseillerai ce cycle à tout les amateurs de Fantasy sans concession !

Posté : lun. 12 janv. 2015 14:24
par Gillossen
En tout cas, vos échanges font plaisir !

Posté : lun. 9 févr. 2015 11:25
par Aion
Cycle terminé hier soir! :)Me première (bonne) impression se confirme : le cycle est parfaitement maîtrisé de bout en bout, Ruckley ne se "perdant pas en chemin", aussi bien au niveau de son style que de son intrigue. On se rend en effet compte que chaque élément trouve sa place dans ce récit, ce qui n'était pas forcément gagné d'avance au vu de l'intensité de ce récit, et de l'éclatement des points de vue.Par ailleurs, je confirme ce que je disais précédemment : Ruckley possède un style bien à lui, et son intrigue est au final assez originale, même si la thématique abordée peut paraître assez voisine de celle d'autres oeuvres existantes.C'est d'autant plus admirable lorsqu'on constate que les trois livres formant ce cycle ont chacun un style propre, très différent les uns des autres, mais qu'ils forment un tout cohérent.Enfin, je ne peux que saluer l'exploit de Brian Ruckley d'avoir maintenu le cap de ce récit, et d'être allé au bout des choses sans dévier : cela a dû être très difficile tant ce récit est psychologiquement insoutenable par moments.J'avoue qu'à titre personnel, j'ai effectivement ressenti ce que certains ont décrit dans leurs commentaires à la lecture du troisième tome : j'avais hâte que cela se termine, pour passer à autre chose.Sauf que ce n'était pas dû à un manque d'intérêt de ma part, ou à un défaut dans le style de Ruckley. Bien au contraire, il est parvenu à rendre une ambiance tellement noire, tellement pesante, tellement sans espoir que j'avais hâte que ça s'arrête, partageant ainsi totalement l'état d'esprit des personnages du roman. On peut donc dire que Ruckley a parfaitement réussi son coup.La seule fois où j'ai ressenti ce genre de sentiment, c'était lorsque j'ai vu le film "la ligne rouge", qui retranscrivait justement la tension psychologique et la perte de repères sur le long terme subies lors d'une guerre. Décrire cette pression constante dans toute sa dureté et sa longueur me semble être un exercice extrêmement difficile, et Ruckley y est parvenu. Chapeau bas pour ça.Enfin, ce cycle peut se targuer de posséder l'un des épilogues les plus originaux, et à la fois les plus justes que j'aie lus : en effet, toute sa portée se trouve dans ce qui n'est pas écrit, dans ce que l'on sait et a ressenti, mais que l'épilogue ne fait que suggérer avec énormément de finesse. Magistral.En bref, si je devais résumer mon avis, je dirais que "un monde sans Dieux" est un véritable travail d'orfèvre d'un point de vue technique et artistique : chaque mot y trouve sa place, et tout y est maîtrisé à la perfection. Par contre, c'est un récit extrêmement dur, voire éprouvant de par le thème choisi et la manière de le développer : c'est à la limite du soutenable par moments. Je ne pense donc pas que ce soit une lecture qui convienne à tout le monde.Mais si vous voulez du sans concession et que la découverte du sens profond du mot "nihilisme" ne vous fait (sérieusement) pas peur, allez-y! :)EDIT : j'ai repensé à ton commentaire, Indy, à propos de ton sentiment selon lequel n'avait pas été au bout des choses parce que certains personnages restaient trop "bons". D'après mon ressenti, cette "bonté" relative est justement indispensable pour apprécier tout le reste, d'une part parce que le contraste entre cette "bonté" (relative) et ce qui se passe autour rend l'ensemble encore plus insoutenable, et d'autre part parce que ces personnages constituent un point d'entrée et d'identification du lecteur dans le récit.Et là où je trouve que Ruckley a parfaitement dosé son truc, c'est dans le fait que :
► Afficher le texte
EDIT 2 : pour répondre définitivement à la comparaison avec le trône de fer, aussi...
Tu veux dire que c'est mieux que GOT ?
Comme je l'ai dit, c'est différent. Et surtout, je pense que pour réellement apprécier ce cycle, il ne faut pas avoir la comparaison de GOT en tête, sinon on passe à côté du roman.En ce qui me concerne, j'ai trouvé que la similitude avec le trône de fer n'apparaissait réellement qu'à postériori, une fois le cycle fini.Elle est selon moi à trouver dans les thématiques de ces deux cycles, qui peuvent présenter certaines similitudes. Cela dit, là où chez Ruckley cette thématique apparaît comme centrale et évidente, ce n'est pas le cas chez Martin, qui s'éparpille nettement plus. Par ailleurs, le cycle de Martin n'est pas encore terminé, il est donc difficile de dire si "Un monde sans Dieux" et "le trône de fer" partagent réellement une thématique centrale similaire ou non : on ne le saura que lorsque le trône de fer sera achevé, et que son concept central apparaîtra clairement.Par ailleurs, il y a une différence fondamentale entre les deux cycles : le trône de fer est basé sur la surprise et le suspense, alors que c'est l'exact opposé dans "un monde sans dieux".Bref, je le répète : sortez-vous de la tête le trône de fer au moment d'aborder "un monde sans dieux", sinon vous risqueriez de passer à côté de l'essence du cycle de Ruckley.Au fond, je me demande si Atanaheim et Led, qui semblent avoir apprécié ce cycle également, partagent mon analyse...

Posté : lun. 9 févr. 2015 19:57
par indy620
Je ne suis pas surpris de ton avis Aion ! Je t'avais dis que la fin te plairait l'auteur a vraiment assuré à ce niveau là ! On est loin du Happy end ou on pleure les morts quelques lignes et tout va bien !Au niveau de la bonté c'est plus Orisian et les Lannis qui m'ont semblé trop bons, pour le coté insoutenable ça ne m'a pas tilté , mais bon je suis un lecteur assidu friant de Dark Fantasy.J'ai lu ton analyse de la fin , je n'ai pas été aussi loin que toi dans ma reflexion mais oui ton cheminement se tient ! Le moins que l'on puisse dire c'est que tu vas au fond des choses , tu ne fais pas 'que" lire ! :D

Posté : lun. 9 févr. 2015 20:28
par Aion
Pour le côté insoutenable, en effet, c'est parce que j'ai souvent tendance à me "projeter" dans les récits lorsque je les lis. Et dans ce cas-ci, le récit est particulièrement dur! ^^En ce qui concerne la bonté de certains personnages, je crois comprendre ton sentiment : même si elle est nécessaire dans la construction du propos de Ruckley, elle peut paraître un brin artificielle.
Le moins que l'on puisse dire c'est que tu vas au fond des choses , tu ne fais pas 'que" lire ! big_smile
Merci pour le compliment! :DCela dit, je ne le fais pas à chaque fois : j'ai par exemple beaucoup aimé la Moïra ou fils-des-brumes malgré leurs défauts évidents, parce que j'ai davantage "ressenti" et "lu" ces trilogies.Avec Ruckley, j'étais davantage dans l'optique que j'avais adoptée avec "même pas mort" : une appréciation basée plutôt sur la raison que sur l'émotion. c'est d'ailleurs pour ça que je parle davantage de maîtrise et de construction métaphorique (que j'ai eu la chance de détecter assez tôt, notamment grâce aux commentaires sur ce sujet) que des sentiments que j'ai ressentis. Le plaisir est différent, mais bien présent! :)

Posté : sam. 28 mars 2015 17:22
par Nephtys
Après avoir été bien alléchée par vos différents avis, j'ai commencé le premier tome: un Hiver de SangComme dit dans la critique, je ressens ce "classicisme" donnant aux premières pages du récit un côté assez pesant.
► Afficher le texte
Il me faut encore un certain temps pour m'habituer aux noms des races comme des protagonistes. Je m'y perds un peu avec les Lignées après à peu près 150 pages mais je commence à trouver mon rythme de croisière ! Maintenant, les choses sérieuses commencent :P

Posté : lun. 30 mars 2015 16:26
par Gillossen
En effet, pour les choses sérieuses. ;)Bonne lecture !

Posté : ven. 3 avr. 2015 12:54
par Nephtys
Premier tome de terminé, ça y est :)Etrangement, c'est une lecture tout aussi classique qu'atypique. Le récit souffre d'un côté de problèmes de rythme assez énormes pour moi, mais de l'autre propose une galerie de personnages très intéressants. Je salue par ailleurs les rôles féminins, classiques, divers et ô combien intéressants (j'espère en savoir plus sur Tara par ailleurs).Brien Ruckley connaît son univers et le maîtrise, je l'ai cependant senti vacillant dans ce qu'il voulait nous raconter. Est-ce que ce tome avait besoin de s'étendre sur six cent pages ainsi? Non, pas à mon sens. Surtout que, en quelques paragraphes, l'auteur nous délivre de véritables pépites.... Ses descriptions du Haut bastion, j'y adhère totalement par exemple.Concernant les scènes de batailles:
► Afficher le texte
J'ai surtout déploré le fait que l'auteur se répétait beaucoup. Ses descriptions sont belles, on ressent véritablement les voyages, les paysages, mais il y a comme un manque qui se fait sentir. Là où le livre est beau, c'est qu'à chaque fois que l'on se dit que l'on va abandonner, l'auteur parvient à nous retenir sur des détails plus ou moins infimes:
► Afficher le texte
En parcourant le sujet j'ai vu que beaucoup avaient eu des ressentis similaires, et que la suite les avait dans l'ensemble assez satisfaits :P Je me plongerai donc dans les tomes suivants sans déplaisir.Ah, par contre.... d'habitude j'ai pas vraiment de mal à m'y retrouver dans les noms et prénoms. Cependant là, et malgré le lexique, c'était totalement le bazaar un long moment entre les différentes Lignées, les villes voir même les races. Bon évidemment ça n'a pas empêché la lecture ou l'appréciation générale de ce premier tome mais...est-ce que vous avez eu le même problème ou bien mon cerveau me faisait une grève éclair? xD

Posté : ven. 3 avr. 2015 16:11
par indy620
Non non, je me souviens avoir eu du mal aussi avec les noms !

Posté : ven. 3 avr. 2015 17:19
par Nephtys
Ah, merci :PMais bon, quoi qu'il en soit on ressent le travail honnête derrière, l'envie de faire parvenir de vraies émotions et de secouer plus ou moins violemment le lecteur. Le premier tome a des défauts, mais a aussi un âme. Dans une fantasy parfois de plus en plus formatée, ça déstabilise.

Posté : mar. 1 mars 2016 18:43
par Aslan
Sa nouvelle série continue en tout cas... http://www.orbitbooks.net/2016/03/01/introducing/

Posté : mar. 1 mars 2016 20:14
par Saffron
Ça vaut bien la peine de suivre le blog d'un auteur si c'est pour apprendre ses publications par des moyens détournés... :/ Heureusement qu'il y a des gens en overwatch sur ce forum, merci Aslan !

Posté : jeu. 4 nov. 2021 22:47
par Nakor
Est-ce que ce cycle (en espérant que la publication française assure une fin) mérite de figurer avec certains noms comme Erikson, Martin ou Bakker ? Il est délicat de se lancer dans des cycles de Fantasy après certains auteurs.

Posté : ven. 5 nov. 2021 07:41
par Benedick
Nakor a écrit :Est-ce que ce cycle (en espérant que la publication française assure une fin) mérite de figurer avec certains noms comme Erikson, Martin ou Bakker ? Il est délicat de se lancer dans des cycles de Fantasy après certains auteurs.

Le cycle est fini (3 Tomes).

Donc, déjà, c'est un fait objectif pour certaines hiérarchisations.

Sinon, ce cycle, c'est un peu une "gemme cachée"... Les gens ne le placent pas à côte de certains noms mieux vendus / valorisés pas parce qu'il est trop médiocre mais parce qu'ils ne le connaissent pas.

C'est comme le cycle de Zémal...

Les réserves récurrentes que l'on peut adresser à un Monde sans Dieux, je les lis aussi sur des titres plus côtés ("mainstream" ou "premium") issus d'auteurs nord américains.

Et puis, en fonction de la mode/posture du moment (en plus des biais personnels), le côté sombre/apocalyptique est taxé de manque/preuve d'originalité.

Après, un truc qui peut sincèrement bloqué. Il y a un parcours d'un jeune héros en construction.
Mais le traitement est plus dense et moins complaisant que la norme.

(Bon j'ai pas trop répondu à la question mais j'espère que j'ai mis en avant ce qui pourrait déplaire à quelqu'un qui a des exigences "Hard Fantasy" :))

Moi je lis tout et n'importe quoi, je suis pas trop un esthète. Je suis un peu un crasseux de l'imaginaire. Peut-être pas la meilleur personne pour apporter un éclairage :|

Posté : ven. 5 nov. 2021 11:05
par Gillossen
Benedick n'a pas tort, mais ce n'est tout de même pas tout à fait aussi bon que le trio que tu cites.

Posté : ven. 5 nov. 2021 11:34
par Nakor
Merci pour vos retours, je vois un peu mieux avec la comparaison avec Zemal (en effet peu connu et pourtant très intéressant). Si je parviens à trouver les trois à un prix abordable, je vais tester cette trilogie :).

Posté : ven. 5 nov. 2021 17:10
par Cold
Je confirme qu'un monde sans dieux est une excellente trilogie mais qu'elle est clairement sous-estimée. La faute peut-être à une maison d'éditions qui a eu une durée de vie courte et qui n'a pas assez fait de promotions de ses titres.
Sans être la saga du siècle je garde le souvenir d'un univers sombre, violent avec des personnages bien brossés. Les jeunes héros en question en bavent et la fin est plutôt amère si je ne m'abuse.

Posté : ven. 5 nov. 2021 17:15
par Benedick
Gillossen a écrit :Benedick n'a pas tort, mais ce n'est tout de même pas tout à fait aussi bon que le trio que tu cites.

On va dire que parmi tous les ersatz qui sont sortis dans la brèche de A Game of Thrones, il fait parti de ceux qui émergent avec les honneurs. Quitte à faire un peu trop le bon élève. Mais il peut se le permettre, lui.

Je trouve que ce cycle à beaucoup mieux vieillit que pas mal de trucs de la même époque. Et pas que dans le délire "Winter Dark Low Fantasy". Il y a des idées, des évocations qui me restent en mémoire 10 ans après. Sa lourdeur le rend durable.

Après, Nakor, je te conseillerais de lire plutôt en anglais si tu veux tenter le truc.

Posté : ven. 5 nov. 2021 21:15
par Nakor
C'est un très bon signe déjà que cette lecture puisse rester en mémoire. Par contre mon niveau d'anglais ne me permet pas de l'aborder en VO. Encore merci pour ces retours. J'espère faire un retour après lecture !