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Re: Sexisme et harcèlement dans l'édition
Posté : sam. 7 févr. 2026 09:06
par Aslan
C'est pas gagné vu la mauvaise foi de certains...
Re: Sexisme et harcèlement dans l'édition
Posté : sam. 7 févr. 2026 12:05
par Faell
C'est fou à quel point les gens confondent les choses, ne pas aller a un festival avec lequel on est pas en accord c'est de la censure ?
Pour des gens qui travaillent dans l'art, les mots perdent de leur sens...
J'ajouterai qu'il y a eu une personne sous le post de ce monsieur pour pointer du doigt qu'une affiche ce n'est pas juste de l'art, c'est aussi de la communication.
En plus visuel pas créé à 100% pour le festival c'est un peu dommage

Re: Sexisme et harcèlement dans l'édition
Posté : sam. 7 févr. 2026 14:22
par Eorlingas
Combien de générations pour que juste l'idée de déconstruction éveil un début de réflexion sur notre société qui s'est construite et qui nous construit toujours ?
Le caractère "intouchable" de l'art et l'artiste sont brandis comme des boucliers pour surtout ne pas avoir à regarder en quoi les œuvres continuent de véhiculer la toxicité de la construction sociétale, toxicité contre laquelle les mêmes pensent lutter.
Ici l'argument suggéré par "l'humeuriste" est que cela a toujours été comme ça... donc pourquoi changer

Re: Sexisme et harcèlement dans l'édition
Posté : sam. 7 févr. 2026 14:48
par Erkekjetter
Après les élucubrations de tonton Olivier, les leçons de vie de papi Michel… SUPER !
Par ailleurs, Katia Lanero Zamora a elle aussi annoncé qu'elle annulait sa venue au festival.
Voici le message qu'elle a posté :
► Afficher le texte
À propos du choix de Trolls et légendes
Il y a un peu plus de deux ans maintenant, j’ai été envoyée au Chili par Wallonie-Bruxelles International pour une tournée extraordinaire. Lors de ce voyage, je suis allée visiter la maison de Pablo Neruda à la Isla Negra.
L’homme collectionnait les figures de proue. La salle qui les expose est assez magistrale. Mais je n’ai pas ressenti de l’émerveillement. Ces statues enfermées dans un musée après une vie de traversées m’ont provoqué une tristesse si vive que j’en ai pleuré. Je suis rentrée de mon voyage avec l’empreinte d’une figure de proue à l’effigie d’une déesse capturée par un artiste bien décidé à la posséder. La figure de proue n’est pas d’accord et résiste. Puis se rebelle. Et ensuite combat. Elle refuse d’être ce que le peintre décide de faire d’elle. La muse qui a inspiré la figure de proue a une vérité à dire et ne compte pas se taire.
Quel rapport avec le schmilblick ?
Cette graine d’idée a germé. Pendant deux ans, j’ai regardé la représentation des corps féminins dans l’art, ce qu’on fait aux femmes « au nom de l’art ». C’est un grand terme, l’art. Et on lui sacrifierait tout. Mais est-ce que ça en vaut la peine ?
Je me suis demandé, tiens, moi, en tant qu’autrice, qu’est-ce que je fais dans mon travail ? Quand j’ai écrit les Chroniques des Hémisphères, j’avais les meilleures intentions du monde en racontant dans une trilogie science-fantasy l’exploitation des pays du sud par le nord. Mais à travers mon personnage burkinabé, j’ai fait de l’appropriation culturelle.
Depuis, je cherche à découvrir où sont mes biais. Comment les reconnaître, comment les détourner ? Est-ce que je ne vole pas toujours quelque chose à quelqu’un ? Si oui, pour nourrir quoi ? Pour atteindre quel but ? Et en général, pourquoi j’écris cette histoire ? Quelle représentation je donne des personnages dont je parle ? C’est comme ça que je veux évoluer comme personne et c’est ce qui alimente mon travail d’autrice. La déconstruction est un long chemin et je suis loin d’avoir fini.
Et c’est pareil quand je suis script-doctor. À chaque scénario que je reçois, je me demande toujours comment on présente les personnages. Quels stéréotypes véhiculent-ils et comment les retournent-ils ? Comment les scénaristes peuvent les dépasser ? Est-ce que je suis surprise par la réécriture d’un mythe, d’un archétype, d’un schéma narratif ? Parce que sinon c’est paresseux. C’est profondément ennuyeux.
Quand on crée un personnage, on s’inspire de nous, des gens. On nourrit un grand fond culturel avec pour but de créer de l’empathie, ce qui est pour moi le plus grand pouvoir de la fiction – et ce dont on a le plus besoin aujourd’hui. Seulement, on ne peut pas tout réussir tout le temps, partout, sur tous les sujets. Il y a des ratés. Beaucoup. Mais on recalibre. On peut apprendre.
Et on explore encore.
Il y a tant à faire.
À inventer.
À réinventer.
À tordre.
À retourner.
Pour surprendre.
Faire réfléchir.
Bousculer.
Etc…
Moi, quand j’ai vu l’affiche, je me suis dit, « dommage ».
Ouais, « dommage ». De choisir encore un corps féminin dénudé. On vend des radiateurs, des assurances, des plaquettes de freins, des bières avec des femmes à poil. C’est dommage parce que ça a déjà été fait. Tout le temps, partout. On l’a vu, vu et revu.
Je ne remets pas en cause la liberté de l’artiste de rendre hommage à qui il veut comme il le veut en représentant ce qu’il veut.
Mais le choix du festival ?
Alors qu’on se prend le backlash post-Me too ? Qu’on continue à se battre pour traîner devant la justice les ogres qui violent nos enfants sous nos toits ? Qu’on « découvre » que des mineures sont livrées en pâture à des puissants au-dessus des lois ?
L’illustrateur a tous les droits ; même de répondre aux critiques de façon insultante en s’enorgueillissant que le débat apporte plus de visibilité à son travail et de croire qu’on peut nous bâillonner pour au final faire marche arrière.
Le festival a fait son choix, lui aussi dans sa façon de « gérer » les réactions. Un choix étrange, connaissant les organisateurs et les valeurs affichées de l’événement.
Mais la liberté d’expression, ce n’est pas l’obligation de regarder ni l’obligation d’écouter.
Je n’irai donc pas à Trolls et légendes cette année.
Ça me fait royalement chier parce que j’allais dédicacer sur le stand ActuSF et j’avais hâte de revoir tant de monde. Mais y aller, ce serait comme rire à la blague de tonton réac au souper de Noël.
La Katia qui a écrit La Vouivre et Re :Start me regarderait avec perplexité. Lea, mon personnage de La Machine, elle, serait certainement bien plus dure et serait déçue. Et puis, ce serait totalement manquer de respect à ma figure de proue, ma Cybèle, dont la colère est si intense qu’elle a traversé les âges et les lois de la nature. J’ai d’ailleurs un manuscrit à rendre ce printemps.
Pour avancer, on peut lire la BD de Zelba, « Le grand incident », où les statues nues du Louvre décident de se révolter. Pour celles et ceux qui ne voient pas le problème, parce que « la liberté de l’artiste et tout, blablabla », c’est une belle façon de changer de perspective et vivre une expérience inédite : se mettre dans la peau de celles qu’ils ont choisi d’immortaliser en positions offertes à nos regards.
Re: Sexisme et harcèlement dans l'édition
Posté : dim. 8 févr. 2026 21:25
par Firiel
J’ai lu la justification sur le site de Trolls & Légendes et, en voyant l’affiche, je me suis demandée en quoi elle était tellement problématique et pourquoi elle était tout en anglais. En cherchant l’image sur le net, j’ai découvert que la version française de l’affiche n’a pas le même cadrage que celle visible sur le site de Trolls & Légende et que l’image d’origine est encore pire.
Donc j’en déduis que le festival n’assume pas vraiment son choix graphique.
Ah non, ce n'est pas la même image. Le sein droit de l'affiche du festival a un bout d'armure. Donc finalement, peut être que le dessinateur a évolué depuis les années 90 dans sa manière de représenter les guerrières. XD
En terme de communication, je ne trouve pas que l’affiche fasse immédiatement penser à de la fantasy. Je comprends le désir de rendre hommage à un auteur mais si on veut promouvoir un festival auprès du grand public, il me semble qu’il vaut mieux un visuel qui ne nécessite pas de posséder une référence qui n’est pas largement partagée par tous. Je crois que c'est la première fois que Trolls et légendes fait une affiche "hommage" ???
Quant aux arguments du dessinateur… D’après son deuxième message, je sais désormais comment faire pour prouver, en 2026, que je suis une femme forte et indépendante : me promener presque nue.

Je trouve désespérant qu'une personne puisse dire "je ne suis pas sexiste parce que je valorise des travaux réalisés par des femmes" et y croire. Cela montre qu'il n'a rien compris aux critiques qui lui ont été formulées.
Re: Sexisme et harcèlement dans l'édition
Posté : lun. 9 févr. 2026 23:43
par Foradan
Le personnage n'est même pas une guerrière mais une succube, c'est déjà une surprise qu'il y aie quelque chose pour la couvrir.
Ceci dit, j'ai arrêté la lecture des Chroniques de la Lune noire il y a longtemps, si son statut et sa garde-robe ont changé, je ne suis pas au courant.
Faudra aussi penser aux sirènes parmi les créatures non-humaines mais assimilables, il y en a qui n'ont aucune décence.
Choisir une image, c'est choisir ce qu'on montre au public.
Re: Sexisme et harcèlement dans l'édition
Posté : ven. 25 sept. 2026 13:50
par Dakeyras
Concernant l'affiche si c'était une femme qui l'avait dessinée ca changerait quelque chose ?
Montrer une femme (ou un homme) à moitié dénudé c'est forcément le sexualiser ? Quand on nous montre pleins d'acteurs bodybuildés dans les films (ou the witcher dans le bain) c'est ok ?
Sur la peinture je vois une femme rousse, droite, en armure. Le truc qui prend le plus de place sont ses cheveux roux et son épaulette dentelée. On voit littéralement rien de choquant. Une épaule dénudée ( quelle sexualisation!) et un petit sein discret couvert sous un bout d'armure...
Les biais idéologiques rendent aveugles je crois.
Vous voyez une bombe atomique hyper sexualisée. Pourquoi pas. Mais je ne comprends pas le problème. Jamais vous vous dites qu'on interprète pas tous certaines choses de la même facon ?
Doit-on condamner tout art qui représente des femmes dont la représentation ne nous plait à "nous" ? Sachant que pleins de gens n'ont pas été choqués par ce dessin.
Quel est le problème dans le fait de sexualiser ? Les hommes sont tout autant sexualisés. Les calendriers des pompiers, les pubs pour parfum, le moindre film marvel avec ses héros musclés etc...
Que fait-on de Frazetta ? Du préraphaelisme ? De l'érotisme en peinture (ou autre) ?
Il y a un paradoxe dans vos réactions. Vous voulez plus de femmes représentées, vous voulez parfois choquer -vos opposants idéologiques- mais paradoxalement faut le faire à votre manière c'est à dire sans sexualiser (car ca vous choques vous): il faut donc lisser les choses. On défend les femmez de s'habiller comme elles veulent (très court et osé si elles veulent) mais on va critiquer un dessin à peine dénudé..... schizophrénie.
Maintenant c'est la mode des représentations de femmes qui ne correspondent pas aux standards de beauté (j'attends toujours pareil côté représentation masculine). Question : si la femme de l'affiche était moins jolie, mais habillée pareil ca changerait quelque chose à vos yeux ?
Je ne sais pas je ne comprends pas ce combat par rapport à l'affiche. Parfois, une partie de la gauche s'offusque comme le ferait des droitards cathos qui eux aussi s'offusquent de la sexualisation des femmes et de ce type d'affiche. Les mêmes raisons mais pas les mêmes arguments. Et pourtant vous vous détestez....
Si plus rien ne doit choquer, ni à droite ni à gauche, alors je ne vois pas comment on peut se prétendre politiquement incorrect et subversif.
Si pour vous, dévoiler une épaule et un (petit) bout de sein c'est problématique et que vous appelez à censurer ce type d'images, on revient vraiment au moyen-age et à l'amérique puritaine :
1- vous êtes comme ceux que vous combattez. Vous usez des mêmes armes.
2- vous êtes contradictoires (d'un côté on a le discours libération de le femme on fait ce qu'on veut de notre corps , de l'autre faut plus nous représenter que d'une certaine facon sinon ca sexualise et c'est pas bien. Donc pas femme jolie, pas de formes etc.... Wtf)
Bientôt les gens beaux et bien foutus n'auront plus le droit de s'exhiber car ils font se complexer certains.....
Un débat autour d'une affiche aussi nulle et aussi peu provocatrice et aussi peu dénudée que ca m'effraye. On croirait les réactions de Famille de France devant la Vie d'Adèle.
Toute cette frange de gauche est d'extrême droite pour moi. Ils utilisent la censure, ils sont choqués sur des choses pour les mêmes raisons qu'à droite et sont aussi peu ouverts d'esprit aux avis divergents que du côté RN et cie.
Re: Sexisme et harcèlement dans l'édition
Posté : ven. 25 sept. 2026 14:40
par Gillossen
Bientôt les gens beaux et bien foutus n'auront plus le droit de s'exhiber car ils font se complexer certains.....
Que dire ?
Ce n'était pas la peine de pondre un pavé pour répondre ça quelque chose de largement plus outrancier que tout ce qui a pu être écrit ici.
Et il me semble que les réactions de l'artiste sont largement plus problématiques que l'affiche en elle-même, au passage (au point que même le festival lui a demandé de se calmer, rappelons-le).
Les hommes sont tout autant sexualisés.
Ils le sont une fois de temps en temps, mais oser affirmer que c'est "tout autant"...
Re: Sexisme et harcèlement dans l'édition
Posté : ven. 25 sept. 2026 14:57
par Guigz
Eh beh, fallait le vouloir que de rebondir sur une polémique 6 mois après, mais soit.
D'autres ont mieux parlé que moi du problème du male gaze dans lequel l'affiche est tombée en plein dedans et, surtout, les défenses complétement à côté de la plaque de Ledroit et du festival qui n'en sont pas ressortis grandis, autant l'un que l'autre.
En 2026, oui certaines personnes n'ont plus forcément envie d'avoir des meufs à poil à tout bout de champs, surtout pour aller acheter des bouquins à un festival de bouquin grand public.
Pourquoi ? Parce que des meufs à poil ça aura été utilisé pour vendre tout et n'imp' pendant une grande partie du XXe siècle et qu'au bout d'un moment c'est bien d'écouter les principales intéressées, surtout si elles te disent que bon, ça saoule.
Et concernant la liberté artistique, je me permets de quote les propos de Cenlivane : "ce n’est pas une femme libre et forte réalisée par une jeune dessinatrice qui reprend les codes de la féminité pour se les approprier, les déconstruire ou les habiter. C’est la millième femme nue d’un des membres du cercle des vieux mâles blancs qui nous ont imposé leur male gaze dans la Fantasy pendant des années."
C'est tout ce qu'il y à en dire, pas besoin de s'emballer en mode "vous êtes aussi pire que les pires !" étant donné qu'en général les pires, ne sont généralement pas représentés à poil depuis des décennies.
Au passage, la forme de ton message à base de "vous êtes comme ça" et "vous êtes comme si" tandis que toi tu es forcément au dessus de cette mêlée crétine car tu as pris de la hauteur et tout mieux capté que tout le monde aux enjeux, comment dire si ce n'est qu'elle donne surtout envie de lever les yeux au ciel ou de se facepalmer. Malgré le sujet sensible, j'aimerai bien que cette discussion ne se transforme pas en pugilat, donc merci de ne pas adopter de ton accusatoire, quand bien même ça te démangerai.
Re: Sexisme et harcèlement dans l'édition
Posté : sam. 26 sept. 2026 10:36
par Tybalt
Je ne nourris pas les trolls, donc je n'ajouterai rien aux réponses de Gillossen et de Guigz dont je partage entièrement les avis. Au bout d'un moment, il faut se tenir au courant des témoignages et des réflexions menées sur ce type de sujet, sinon, forcément, on ne voit pas les problèmes.
Re: Sexisme et harcèlement dans l'édition
Posté : sam. 26 sept. 2026 16:56
par Chrysagon
Dakeyras a écrit : ven. 25 sept. 2026 13:50

Re: Sexisme et harcèlement dans l'édition
Posté : dim. 27 sept. 2026 18:21
par Cenlivane
Dakeyras a écrit : ven. 25 sept. 2026 13:50Toute cette frange de gauche est d'extrême droite pour moi. Ils utilisent la censure, ils sont choqués sur des choses pour les mêmes raisons qu'à droite et sont aussi peu ouverts d'esprit aux avis divergents que du côté RN et cie.
Marrant, le réveil quelques mois plus tard...
Fun fact : En tant que blogeur·se, cette polémique est celle sur laquelle j'ai été le plus confronté·e à la violence des réacs (et, si vous me suivez un peu, vous savez que je dénonce des tas de trucs).
C'est la communauté (celle de Ledroit ou celle de T&L ?) la plus problématique (dans notre milieu).
Quand on a un doute sur un sujet, on peut observer le comportement des "défenseurs"...
Bref...