Tiens, c'est vrai que j'ai lu
Janua Vera il y a un petit moment sans donner mon avis...Il rejoint généralement le tien, Almaarea :"Janua Vera" : la belle entrée en matière... C'est une plongée directe dans le style et l'univers de l'auteur, et même si en effet l'histoire comme la fin sont plutôt classiques et sans surprise ça se laisse déguster avec plaisir !"Le service des dames" : j'ai bien aimé, certes Aedan est un niais mais c'est aussi ce qui fait l'intérêt du récit, le preux chevalier qui se fait avoir j'avoue que je ne m'y attendais pas vu comme ça commençait !"Une offrande très précieuse" : "humanité", oui, c'est un mot approprié pour ce que j'ai retenu de cette lecture aussi, très étrange tout au long du récit..."Le conte de Suzelle" : euh, voyez ci-dessus le commentaire d'Almaarea, je n'aurais pas mieux dit (sauf pour les larmes, parce que hein !

) Et le souvenir de Thomas le Rimeur a effectivement plané sur cette lecture. Magnifique et cruel, très simple et très touchant... Une nouvelle preuve qu'il n'y a absolument pas besoin d'en faire des tonnes pour réussir quelque chose de marquant."Jour de guigne" : Bon, là, c'est le contraire, comme il y en a des tonnes, je n'ai que moyennement accroché, souri quelquefois tout au plus. Cette nouvelle m'a un peu donné l'impression de lire un fan de Pratchett qui essaye d'imiter le maître... et se rate. Mais bon apparemment ça ne vient que de moi, vu les échos que j'en ai eu."Le confident" : j'ai trouvé que c'était bien long et bien ennuyeux au tout début, ne voyant pas trop où il voulait en venir, mais je me suis vite laissé prendre par l'écriture ; les dernières lignes sont formidables."Un amour dévorant", c'est bien celle qui est en plus dans l'édition poche ? Je n'en ai aucun souvenir mais j'ai lu le recueil en grand format, donc j'espère que c'est normal :)Enfin, "Mauvaise donne" que j'ai gardée pour la fin : après en avoir entendu tant et plus sur Don Benvenuto Gesufal, j'avais dû me faire un tas d'idées et du coup c'est finalement cette nouvelle qui m'a le moins marquée (je ne me souviens pas de grand-chose à part que c'était assez sympa mais long, ce qui est pour le moins succint !)... Il faudrait que je la relise tranquillement, par exemple avant de me lancer dans
Gagner la guerre, histoire de me remettre dans le bain.Sinon, pour revenir sur la critique de Luigi, j'ai aussi trouvé le style de Jaworski luxuriant, exubérant, parfois jusqu'à être étouffant, lourd. Mais d'un autre côté c'est pour cela que j'ai beaucoup aimé ces nouvelles : elles ont une identité, une marque bien à elles, et "Janua Vera" ne serait pas ce qu'elle est sans cette musicalité et cette surabondance de détails, d'objets, de couleurs... Une fois que j'ai intégré ce point, je n'ai plus guère prêté attention qu'aux sonorités et aux rythmes de la prose : quand Jaworski écrit que dans la salle se pressaient "échansons, chevaliers, sénéchaux, écuyers" (exemple inventé, en vrai c'était quand même beaucoup mieux

), ça me semble assez flagrant que les fonctions de ces personnages importent beaucoup moins que leur prononciation et leur nombre de syllabes. Ou alors c'est juste une déformation professionnelle

.Ce qui ne veut pas dire que le sens et l'histoire n'ont aucune importance, bien sûr. Mais je comprends Luigi quand il explique avoir trouvé que l'auteur ne laissait pas assez de place au lecteur dans l'écriture : tout est tellement pesé, réfléchi (ou le semble, en tout cas

) qu'on se demande ce qu'il nous reste à faire, parce que regarder passer et applaudir on s'en lasse si je puis dire, quel que soit le talent de l'auteur... Du coup le format du recueil de nouvelles, à lire à petites doses et pas forcément tout d'un trait, me convenait parfaitement, et je ne sais pas si dans
Gagner la guerre ça passera toujours vu mes impressions mitigées sur "Mauvaise donne".Et merci pour l'info Tisse Ombre, le 17 mars c'est parfait, ça me laisse juste le temps de le trouver avant de rencontrer l'auteur :)Edit : en me relisant j'ai l'impression que tout cela sonne plutôt négatif, alors qu'en vrai j'ai passé d'excellents moments de lecture... sauf pour "Le Conte de Suzelle", parce que c'est trop cruel à la fin !
