Noony a écrit :Il y a aussi le fait que dans l'inconscient collectif, fantasy = enfance = puérilité, une sorte de refus de grandir, d'évasion du réel. Après mon opinion dans mon mémoire est qu'au contraire, la fantasy n'a absolument rien de rose et que c'est un genre qui parle énormément de la mort... et qui en repousse sans cesse les limites, en permet une exploration.Qu'en pensez-vous ? Êtes-vous pour une "fantasy à l'université" ? Pensez-vous que le genre a encore ses preuves à faire ? Comprenez-vous le mépris qu'inspire le genre à certains universitaires ? Êtes-vous dans le cas d'études de lettres/socio, etc où vous envisagez ce champ de recherches ?
Je ne sais pas exactement pour l'université, avec mémoires de recherche et tout ce qui s'en suit, mais personnellement je me souviens très bien qu'au lycée, en seconde, ma prof de francais nous avait demandé de faire un dossier sur le "Fantastique". En gros, nous avions à choisir un livre dans une liste fournie, le résumer le plus succintement possible, puis expliquer par quels ressort l'auteur faisait basculer l'action dans le fantastique. Alors bien sûr il n'y avait pas seulement des livres "Fantasy" dans cette fameuse liste, mais je me souviens du Seigneur des Anneaux (que personne n'a pris parce qu'il faisait 3 tomes à lire et a raconter). Sinon, il y avait aussi 'Le Horla' de Maupassant, ou 'Le Joueur D'échecs' de Stephan Sweig, ou encore une anthologie de Lovecraft, Mary Shelley et son FrankensteinBref, du classique, mais qui avait au moins le mérite de nous faire découvrir un genre (et pas seulement les classiques français).Bon, voila pour mon histoire personnelle ;)Pour étoffer mon avis personnel, je considère que la majorité de la production actuelle est "commerciale". Ce qui n'est pas forcément un mal, mais qui au final revient, pour un auteur à prendre toujours les même ingrédients de base (magie, fées, vampire, loups garou), y rajouter une trame scénaristique plus que connue (histoire d'amour, histoire de famille, quête initiatique etc ), et pouf, faire trainer ca en longueur sur trois ou quatre volumes (exemple : Twilight). De plus, par rapport à un classique à la Tolkien, on ne peut pas dire que le style d'écriture soit actuellement très recherché. Je pense que les auteurs cherchent plus à produire un style clair et fluide, facilement compréhensible, privilégiant l'action.Bref, voila pour le coté négatif. Dans le positif, je pense tout simplement que, dans certain cas, la Fantasy peut tout simplement jouer le même rôle que les Contes de Grimm ou de Perrault autrefois: transmettre une morale, un message. Par exemple le SdA est tres "écologique", le cycle de La Croisée des Mondes de Pullman peut se lire comme une charge contre les religions ... De plus, les différentes "populations" que l'on trouve dans la fantasy sont aussi prétexte à s'interroger sur des thèmes dérivés. Ainsi les fantômes sont directement liés a la vie après la mort (qui reste une des grandes interrogations humaine, il suffit de voir le succès des religions); les vampires, sur le désir et la transgression (sexuel notamment).Finalement, la Fantasy (et encore plus maintenant qu'avant), c'est un domaine extrêmement vaste qui englobe le pire comme le meilleur. Alors, est ce que le genre est digne de faire l'objet de mémoire de la part de chercheurs ? J'avoue que je ne sais pas vraiment, car je ne sais absolument pas quel sont les sujets qu'on peut aborder. Néanmoins, faire un lien direct entre Fantasy et Puérilité me semble une grossière exagération. Bon, je n'ai pas l'habitude d'en ecrire autant, donc j'espère avoir réussi a faire passer mes idées (je ne suis pas un auteur moi! )