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D'une Luigi a raison, de deux, je pense qu'une interview n'a pas vertu de donner envie de lire un bouquin mais d'en approfondir la lecture : comprendre le point de vue de l'auteur après avoir compulsé son ouvrage. Donc SA, tu sais ce qu'il te reste à faire ... :3Et sinon, merci Dynam et Dwalan !^^

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Je voulais juste te dire qu'au salon du livre de Montreuil, un homme est arrivé sur le stand de Mille Saisons en nous demandant "Trois Langue du silence, s'il vous plaît..."Avec mon éditrice, nous nous sommes lancé un regard interrogatif : "Mais vous êtes libraire ?"Et l'homme nous répond : "Non non, j'avais lu la critique d'Elbakin qui m'avait donné envie, puis je suis tombé dessus à la FNAC, j'ai adoré et maintenant je veux en faire profiter ma famille pour Noël".:D

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Luigi Brosse a écrit :Samantha est actuellement en master de Lettres modernes et prépare un mémoire sur les genres de l'imaginaire.
Mon dieu ! Quel plaisir de pourvoir joindre l'utile à l'agréable : " un mémoire sur les genres de l'imaginaire"; qui plus est, comptera dans son cursus scolaire et avec la facilité d'écriture qu'elle a, elle devrait très bien s'en tirer ;) Merci Luigi pour la bio, élogieuse à souhait :)
Noony a écrit :Et l'homme nous répond : "Non non, j'avais lu la critique d'Elbakin qui m'avait donné envie, puis je suis tombé dessus à la FNAC, j'ai adoré et maintenant je veux en faire profiter ma famille pour Noël".
Bon je pense que dwalan et Gillossen ne veulent pas jouer les blasés, mais qu'ils sont plutôt trop modestes pour confirmer à chaque fois, le succès d'Elbakin ;) :lol:

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En fait je fais mon mémoire sur les représentations de la mort dans Peter Pan de Barrie, À la croisée des mondes de Pullman et L'histoire sans fin de Ende... et c'est vraiment passionnant ! :) Je viens de faire un oral en séminaire sur la problématique "Peut-on finir en fantasy ?". Ce versent théorique m'apporte beaucoup, si le sujet vous intéresse un peu je veux bien partager ça avec vous - et avec un grand plaisir. Ce genre que nous affectionnons est vraiment peu connu à l'université mais je compte bien le défendre à ma minuscule échelle, et j'ai vraiment eu de la chance que Julie Wolkenstein accepte de me diriger sur ce sujet.Merci pour la bio, ça fait très plaisir. Le tome 2 est prévu pour mars 2010 :D

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Je ne sais pas pour les autres mais moi je trouve cela très intéressant ! :)
Noony a écrit :"Peut-on finir en fantasy ?".
qu'entends-tu par là ?
Noony a écrit :Ce genre que nous affectionnons est vraiment peu connu à l'université
j'aimerais aussi savoir jusqu'à quel point est-il peu connu ? Le classicisme fait que certains auteurs tel que Tolkien, ne peuvent pas être ignorés !

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Pour la fin en fantasy, en gros :La fantasy est un genre aux frontières difficilement définissables, une sorte de magma dont on ne saisit pas tout à fait les contours. Un genre mouvant, ouvrant sur une infinité de possibles. Les genres de l’imaginaire sont par essence une forme exacerbée de la création littéraire, qui propose une réflexion sur le monde des représentations. Comme en littérature dite « classique », il s’agit de donner à voir ce que l’on ne voit pas. Sauf que dans le cas de la fantasy, il s’agit en plus de donner forme à ce qui n’existe pas, à décrire des phénomènes imaginaires, des paysages inventés.La fin est problématique pour bien des récits, et d’autant plus en fantasy. S’attaquer au problème de la fin en fantasy est peut-être encore plus vaste que de s’intéresser au problème de ses limites génériques, puisque la finalité de ce genre est le cœur de ce qui rend cet imaginaire si insaisissable. L’attente du lecteur est la suivante : explorer en profondeur l’univers présenté, dont il ne connaît finalement rien. La fin est d’autant plus importante qu’elle se doit de répondre à un certain nombre de questions. La possibilité laissée ouverte à une suite amène l’idée de l’inachèvement qui hante chaque cycle de fantasy. Même lorsqu’il semble achevé, les exigences du lectorat et/ou des éditeurs peuvent faire prolonger le cycle. La moindre faille, la moindre incertitude révèle les potentiels de suites qui dorment dans tout roman. Le cycle de fantasy apparaît alors comme une réserve de textes, de suites, que parfois seule la mort de l’auteur interrompt et clôt à jamais.La question qui semble se poser n’est pas tant « comment ça finit ? » que « comment peut-on finir ? » des romans qui laissent la porte ouverte à autant de possibles.Concernant la fantasy à l'université, il y a pas mal de mémoires traitant de Tolkien et Anne Besson a fait un travail formidable pour asseoir le genre à l'université. Mais la fantasy a toujours la réputation de ne "pas être de la littérature" ou d'être justement une suite de romans interminables et de suites commerciales...

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Personnelement je trouve ça hyper interessant comme sujet et je t'encourage à fond pour continuer ta défense de la fantasy à l'université, d'autant plus que j'imagine que ce n'est pas forcement évident de faire face aux préjugés qu'il doit y avoir dans un millieu plus classique (c'est l'avantage de travailler dans un millieu de geeks! ;) )!

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C'est gentil Akallabeth :) Et puis surtout, c'est vraiment passionnant !Bon je mets une petite news sur le roman histoire de ne pas trop flooder :sifflote:La langue du silence a été meilleure vente 2009 des éditions Mille Saisons !

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Noony a écrit :La langue du silence a été meilleure vente 2009 des éditions Mille Saisons !
Félicitations pour ce beau résultat. Je te souhaite de tout coeur que la suite ait autant de succés que ce premier tome. :pJe te souhaite également beaucoup de succés pour ton mémoire: on sent que c'est un sujet qui te passionnes et ça fait plaisir à lire. ;)

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Merci Noony pour ces explications, c'est un peu ce que je pensais, mais je voulais être sûre qu'il n'y avait pas de confusions.
Noony a écrit :Mais la fantasy a toujours la réputation de ne "pas être de la littérature" ou d'être justement une suite de romans interminables et de suites commerciales...
C'est Hélas exact ! Parce que d'aucuns diront que la littérature fantasy ne nous apprend rien et qu'il est effectivement vrai que certains auteurs en ont abusivement et volontairement fait des romans interminables et des suites commerciales, souvent au grand plaisir des lecteurs concernés, mais portant ô combien préjudice à ce genre, que je considère moi, comme littéraire.Il arrive encore aujourd’hui d’entendre un père dire à son enfant : - " Laisse tes BD et va lire un vrai livre ! " Bien que dans ce cas de figure, il est plus fait allusion au support qu’au genre de lecture. Je pense en effet, qu’un père ne s’attardera pas à savoir expressément, quel genre littéraire son enfant lit, dans la mesure où il ouvre ce que le père considère lui, comme " un vrai livre ". Je pense que JRR Tolkien a voulu, dans ses écrits, et notamment dans le SDA, bien plus que superposer, mais transplanter l’univers de ces héros, dans notre univers dit " réel ", en leur donnant plus qu’une identité, mais des racines ; des racines de part la terre, des racines de part leur langue, des racines de part leur origine. Comme si ils avaient toujours fait partis de l’histoire de l’homme. Et rien que pour cela, ça en fait un genre littéraire à part entière.Mais cela ne reste que mon avis personnel !Ah oui ! Je voulais aussi te demander (je ne sais plus si c'était dit dans l'interview ) si tu as un lieu propice à l'écriture ? J'imagine que le travail n'est pas ce qui te manque, mais as tu un endroit de prédilection, qui te permet de faire le vide avant de commencer à écrire, ton état d'esprit en somme. !?

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Noony a écrit :En fait je fais mon mémoire sur les représentations de la mort dans Peter Pan de Barrie, À la croisée des mondes de Pullman et L'histoire sans fin de Ende... et c'est vraiment passionnant ! :) Je viens de faire un oral en séminaire sur la problématique "Peut-on finir en fantasy ?". Ce versent théorique m'apporte beaucoup, si le sujet vous intéresse un peu je veux bien partager ça avec vous - et avec un grand plaisir. Ce genre que nous affectionnons est vraiment peu connu à l'université mais je compte bien le défendre à ma minuscule échelle, et j'ai vraiment eu de la chance que Julie Wolkenstein accepte de me diriger sur ce sujet.Merci pour la bio, ça fait très plaisir. Le tome 2 est prévu pour mars 2010 :D
oui je suis carrément intéressée par le versant théorique.Un peu navrée par la réaction de l'université en général au sujet de la Fantasy mais pas trop surprise.ça m'amène une autre question, désolée si je suis hors sujet, je peux supprimer cette partie du message si besoin, mais comment et où trouver un prof qui soutienne un mémoire dans ce genre ? Est-ce qu'il faut forcément faire un travail en littérature comparée ? et faut-il forcément s'exiler de sa ville :lol: ?

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Oh c'est super pour l'interview :) je l'avais relayée sur facebook. En tout cas quand vous aviez fait l'article en page d'accueil ça avait fait exploser les visites de mon site... Dynam> Je suis du même avis que toi tu sais, l'idée est d'avoir un regard critique : d'accord il y a du commercial dans la fantasy, enfin ce n'est pas propice au genre ! Au XIXe siècle quand les auteurs étaient payés à la ligne, il y avait aussi cet aspect-là, et c'est le cas pour n'importe quel roman à succès au final. Il y a aussi le fait que dans l'inconscient collectif, fantasy = enfance = puérilité, une sorte de refus de grandir, d'évasion du réel. Après mon point de vue dans mon mémoire est qu'au contraire, la fantasy n'a absolument rien de rose et que c'est un genre qui parle énormément de la mort... et qui en repousse sans cesse les limites, en permet une exploration.Enfin après il y a plein d'améliorations dans le milieu universitaire à ce niveau : il y a pas mal de tables rondes organisées et de nombreuses publications sur le sujet depuis 2003 surtout.