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Ce courant était jusqu'à présent assez underground même si deux des auteurs qui écrivaient étaient best sellers : Will Wight et Andrew Rowe, tout deux autopubliés ( finalistes du self published fantasy blog off ce concours qui permet de repérer les meilleurs autopubliés en fantasy).
La progression fantasy s'inspire de la cultivation chinoise, du shonen, des RPG. On a des personnages, faibles au départ qui vont progressivement acquérir des pouvoirs et les faire progresser. Généralement on a des personnages qui commencent à l'état de sous merde pour finir à celui de dieu.
Ce courant commence à devenir mainstream. On a même des auteurs établis qui en écrivent :
Aliette de Boadard a fait deux novellas dans ce genre, tous les deux situés dans l'univers de son Paris fantastico-apocalyptique.
Rebecca F Kuang vient de publier un roman, Babel qui en relève.
Des éditeurs importants se mettent à s'y intéresser. Orbit vient de signer un trilogie d'Alexander Darwin, Combat Code, dont le premier tome avait été finaliste du SPFBO. Tor vient de signer un roman de Travis Baldree, roman autopublié en 2021 et qui a fait un certain battage chez les blogueurs anglophones.
Quand un courant devient mainstream, nous l'avons assez rapidement derrière. Donc à voir si la tendance se confirme. Mais les meilleurs autopubliés s'y mettent tous ( Rob J Hayes, Zamil Akhtar, Michael Tucker......).

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"On a des personnages, faibles au départ qui vont progressivement acquérir des pouvoirs et les faire progresser. Généralement on a des personnages qui commencent à l'état de sous merde pour finir à celui de dieu."

en gros, un perso dont l'histoire est qu'il gagne des niveaux. Ce qui n'est pas franchement neuf : il n'y en a pas déjà des pelletées, des oeuvres de ce genre, non ?

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Lanfeust de Troy, underground ?
Le même schéma correspond aussi au parcours de tout un tas de personnages dans les vieilles extensions de Magic : l'Assemblée, adaptées en romans et en comics.

Bref, le thème est ancien et a déjà donné lieu à des oeuvres à succès par chez nous, bien avant l'apparition de ce label.

Serait-ce un label éditorial, avec ce que ça peut avoir de bien renseigné et ce que ça peut avoir d'opération commerciale ? Comme tu es éditeur, tu pourrais sûrement nous en dire plus.

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Je ne vois pas de différence énorme avec la LitRPG, qui existe depuis une quinzaine d'années. A part le fait que ça ne s'inspire pas spécifiquement des MMORPG et qu'il y a 99.9% de chances pour que ce soit mieux écrit.

Plus généralement, le passage apprenti --> dieu est omniprésent depuis 40 ans au moins : voyage du héros, Loup solitaire, D&D et autres rpg, MMORPG, Elder Scrolls, Dragon Ball, etc., les exemples issus de tous horizons sont légion, littéralement. Absolument rien de nouveau sous le soleil, à part pour un marketeux particulièrement retors cherchant à faire du neuf avec du vieux.

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Clairement, la progression fantasy ça n'a aucun sens en termes de sous-genre et ça n'a rien de nouveau. Pas sûr que ce soit tant une démarche marketing d'éditeurs (ça vient principalement de l'auto-édition et du web serial), ça me paraît être juste un nouveau délire de fou du classement où chaque œuvre doit avoir sa sous-classification. Et une façon de donner un côté un peu plus noble et novateur aux œuvres auto-édités.

Et avant que ça devienne mainstream, faudrait déjà que le genre fantasy en lui-même le soit ;) Je n'ai pour le moment vu le terme de progression fantasy que sur des forums américains (Reddit principalement) et à chaque fois qu'il apparaît, il y a au moins une personne pour demander ce que c'est exactement.

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Je ne vois pas de différence énorme avec la LitRPG, qui existe depuis une quinzaine d'années. A part le fait que ça ne s'inspire pas spécifiquement des MMORPG et qu'il y a 99.9% de chances pour que ce soit mieux écrit.

La litrpg est une composante de ce courant mais ce n'est pas la plus dominante. Les lecteurs ont découvert les traductions de webromans chinois de fantasy ( basée sur la cultivation). Et il y a aussi l'influence du manga. Les lecteurs de LITRPG ont grandi et veulent aujourd'hui des choses plus élaborées.

9
Merwin Tonnel a écrit :Et avant que ça devienne mainstream, faudrait déjà que le genre fantasy en lui-même le soit ;) Je n'ai pour le moment vu le terme de progression fantasy que sur des forums américains (Reddit principalement) et à chaque fois qu'il apparaît, il y a au moins une personne pour demander ce que c'est exactement.

Effectivement !

Progression fantasy at its core is when the weakest character, usually the protagonist, becomes one of the most powerful characters in the story

Donc du shônen, en effet. ^^

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C'est pas aussi de le cas de Garion ? de Pug ? de Richard Rahl ? et de tout une liste de personnage de High Fantasy qui par leur parcours initiatique se révèlent être un élu capable de battre le grand méchant de l'histoire, souvent un dieu.

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Sauf erreur, c'est un genre qui a été essoré dans tous les sens au Japon, avec pléthore de light novels sur le sujet. On commence à avoir beaucoup de mangas qui sortent, adaptant ces light novels, d'ailleurs, dont une partie non négligeable d'isekais (de tête, Goblin Slayer, So I'm a spider so what, Moi quand je me réincarne en slime, etc etc).

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Les isekais, c'est le premier truc auquel j'ai pensé aussi en vous lisant.

Et puis une bonne grosse tonne de webtoons (The gamer, Hardcore leveling warrior, omniscient reader, second coming of glutony et... plein d'autres)

En fait le seul truc qui me semble "nouveau" (ou très shonen en tous cas) c'est la quantification de la puissance de manière très précise (untel à un niveau de Ki, de haki, de mana, ....) qui permet de s'émerveiller devant certaines stats stratosphériques.

Je trouve que ça marche très bien avec le support visuel, mais en littérature "pure", on va à l'encontre du "show, don't tell" et c'est souvent maladroit et peu intéressant.

Après s'il ne s'agit que de devenir un des plus puissants de l'univers "partant de rien", on en trouve non stop depuis bien longtemps même si souvent, ce n'est pas la littérature qui m'intéresse le plus. Des héros partis de rien et qui deviennent littéralement god tier, il me semble même qu'on en voit moins qu'il y a 10-20 ans :-)

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EdenA a écrit :Sauf erreur, c'est un genre qui a été essoré dans tous les sens au Japon, avec pléthore de light novels sur le sujet.

En Chine surtout, et en Corée. C'est affolant la quantité de light novel chinoises sur ce modèle, avec chacune un élément "unique" supposé révolutionnaire mais qui s'avèrent au final toutes identiques.
Ils ont tellement rincé le genre que même les parodies ne sont plus originales.

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Au passage, le schéma du "voyage du héros" de Campbell (qui est lui-même une mauvaise soupe d'analyse hâtive de mythes du monde entier, élaborée dans la première moitié du XXe siècle et très contestée par les mythologues plus récents, et qui a eu nettement plus de succès en tant que tentative de martingale pour scénaristes) ne prévoit absolument pas de montée de puissance dudit héros, et encore moins une transformation en dieu, mais simplement le fait de surmonter une ou plusieurs épreuves avant de revenir à la maison une fois l'objectif atteint.

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Temliw a écrit :Après s'il ne s'agit que de devenir un des plus puissants de l'univers "partant de rien", on en trouve non stop depuis bien longtemps même si souvent, ce n'est pas la littérature qui m'intéresse le plus. Des héros partis de rien et qui deviennent littéralement god tier, il me semble même qu'on en voit moins qu'il y a 10-20 ans :-)

Carrément, de mon côté je pense à La Belgariade ^^
Memento mori

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C'est vrai aussi que la progression fantasy doit beaucoup aux influences asiatiques et la progression des individus dans leurs pouvoirs est traité comme la montée d'un dan vers un autre dans les arts martiaux. Avec souvent un classement, des catégories...

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Kaellis a écrit :Carrément, de mon côté je pense à La Belgariade

De mon côté, le personnage le plus emblématique de cette vision est Pug, des différents Cycles de Krondor écris par Feist.
D'esclave, il devient le sorcier le plus puissant du monde, capable de faire sauter des galaxies rien qu'en éternuant (j'exagère à peine).
"Il n'existe rien au-dessus du métier de bibliothécaire" Terry Pratchett

Re:

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Apophis a écrit : dim. 19 juin 2022 21:08 Je ne vois pas de différence énorme avec la LitRPG, qui existe depuis une quinzaine d'années. A part le fait que ça ne s'inspire pas spécifiquement des MMORPG et qu'il y a 99.9% de chances pour que ce soit mieux écrit.

Pour rebondir sur ce message d'Apophis :

https://www.lemonde.fr/livres/article/2 ... _3260.html
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