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Gillossen a écrit :
Et n'en déplaise aux amoureux de PJ, ce n'est pas le plus grand réalisateur du monde, beaucoup aurait pu faire aussi bien voire mieux...
Et n'en déplaisent aux "amoureux de Tolkien" (sic), aucun matériau n'est "idéal". Je ne vois même pas comment on peut sérieusement affirmer une chose pareille. Sinon, les adaptations de romans réussies sur grand écran seraient BEAUCOUP plus nombreuses, car il y a bien plus simple à adapter que le Seigneur des Anneaux ou même Bilbo.
Ce que j'entendais par "idéal" (le mot est sans doute mal choisi, j'en conviens), c'est en termes de contenu. Entre Bilbo et les appendices du SdA, un script purement à base de Tolkien pouvait largement se tenir et ce, sans ajout ou trahison d'aucune sorte. Personnellement, je n'ai jamais demandé que le film du Hobbit soit l'adaptation à la ligne près du roman. A vrai dire, je trouve même que l'idée d'utiliser les appendices est une bonne idée, si elle était correctement utilisée.
Gillossen a écrit :
Faut-il citer ne serait-ce que Guillermo del Toro qui a vu sa participation réduite à néant, alors qu'il avait les capacités de le faire ?
Euh... Peter Jackson ou WETA ont souvent dit qu'outre sa participation aux scripts, certaines de ses idées visuelles avaient été conservées. Évidemment que ce n'est pas comparable au fait de l'imaginer derrière la caméra, mais bon...
Et surtout, on ne connait pas ces idées qui ont été conservées. Mais même, j'aurais aimé une autre vision de l'univers de Tolkien au cinéma. Juste pour pouvoir comparer trois visions entre elles.

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Je suis allé voir ce film, j'en suis sorti consterné. Je dis ça pour prévenir que ça sera une autre critique d'un grincheux.Bilbo, le livre, est le premier bouquin que j'ai lu de ma vie, j'avais huit ans. Je le relis encore tous les deux ans, donc quand j'ai su qu'un film allait être fait, j'étais aussi circonspect qu'enthousiaste. Et autant prévenir tout de suite, j'aurais voulu une adaptation fidèle, qui reprenait vraiment l'ambiance du bouquin (qui est parfait pour moi), et c'est forcément principalement pour ça que je n'ai pas aimé.Je suis allé le voir en VOST et en 2D. J'y tenais, n'étant fan ni de la VF, ni de la 3D.Au début, j'ai attendu, que l'histoire du livre commence. J'étais fort mitigé par l'aspect de Dale et de ses habitants. De même, je n'ai pas compris la présence de Thorin lors de l'attaque de Smaug. Bon. Soit. Ca fait une intro, il y avait la même chose dans le Seigneur des Anneaux. Mais une fois que c'est terminé, je tombe sur une nouvelle intro qui ne sert... à rien. Ben non ; pourquoi cacher l'histoire à Frodon? Il l'a déjà racontée des dizaines de fois. Il le fait encore dans la Communauté de l'Anneau, pendant l'anniversaire. Je comprends que cette nouvelle intro est là pour faire revenir des têtes connues, Holm et Wood, mais ça aurait été mieux d'avoir un vrai but...Enfin, l'histoire commence, à partir du moment où le titre est écrit sur l'écran. Et je l'avoue, j'ai beaucoup aimé le début. J'ai trouvé le côté "joyeuse pagaille" et les chansons des nains très réussis, bien dans l'esprit du livre.Puis ça s'est gâté. Le fait qu'ils soient poursuivis par des orcs, et qu'on le sache assez tôt, déjà. Il n'y a pas cette pression dans le livre, et je ne voyais vraiment pas pourquoi l'ajouter dans le film. C'était un stress artificiel.Ca ne s'est pas arrangé avec l'apparition d'Azog. Je me suis demandé ce qu'il venait foutre là. Pourquoi? Ca ajoute encore à ce sentiment de stress artificiel. D'autant qu'il me fait énormément penser au chef uruk-hai de la Communauté de l'anneau, Ugluk. C'était un énorme point négatif pour moi : il ne sert à rien.De plus, je n'ai pas retrouvé dans le passage avec les trolls l'amusement que j'avais dans le bouquin. Sans doute parce que Gandalf y avait un rôle bateau, au lieu du jeu qu'il avait en changeant sa voix. C'était plus subtile, je trouvais, et je ne voyais pas pourquoi le changer.La suite avec les wargs, pour moi c'était pareil. Ca n'apparait pas dans le bouquin, ça n'a rien à y faire, mais ça rappelle furieusement le Rohan... Alors qu'à aucun moment, ils ne passent par une région qui ressemble à ça. Une nouvelle référence au SDA qui n'est pour moi pas du tout dans l'esprit de Bilbo.De même que Radagast, l'histoire avec le nécromancien, et le conseil blanc. Ca ajoute de la gravité à l'histoire, un côté sombre qui n'est pas présent dans le livre. Exception pour Radagast, qui n'ajoute pas vraiment de noirceur, mais ses péripéties... si. Le conseil blanc, pour moi, c'était surtout pour faire revenir, encore une fois, des têtes connues. D'autant que le nécromancien... On en parle à peine dans Bilbo. Alors qu'il prend une importance capitale ici.Pour la suite, autant j'ai adoré le passage avec Gollum (autre point clairement positif du film, très très bien rendu et chapeau bas), autant je n'ai pas aimé celui du grand gobelin et de la fuite des nains ; j'ai eu l'impression d'avoir simplement droit à une avalanche d'effets spéciaux numériques, et qu'ils n'ont pas d'autres raisons d'être qu'en mettre plein la vue. Et il en va de même pour Gandalf qui apparait une nouvelle fois au bon moment, alors qu'il est censé ne pas avoir quitté les nains depuis le départ de Fondcombe.La fin... Encore une fois, Azog qui apparait, et je n'en comprends toujours pas le but. L'attaque de Thorin, celle de Bilbo, celle de Kili et Fili (au passage, se faire avoir deux fois en traitre, je trouve ça moyen comme idée), ça me fait penser qu'ils ont juste voulu faire du sentimentalisme à deux balles parce qu'on approche de la fin. Faut avouer, voir le petit hobbit venir attaquer celui qui attaque le chef, ça tire la larme. Mais ce n'est pas du tout dans l'esprit du livre. Bilbo n'attaque pas de front. Bilbo met son anneau avec les araignées de Mirkwood, il se faufile dans les prisons des elfes, mais à ce moment là, non, Bilbo qui se met en avant comme ça, ce n'est pas crédible.En bref... J'ai l'impression que Peter Jackson aime avoir le cul entre deux chaises. Il choisit un style différent du SDA au niveau de l'image, beaucoup plus colorée et contrastée, mais multiplie les références au SDA, et ajoute de nombreuses scènes très sombres (l'attaque de Dale, celle de la Moria...)Ma principale critique, en fait, c'est que Peter Jackson aurait dû faire un film sur Bilbo, et les deux autres pour faire le lien. Si je garde les scènes qui sont uniquement dans le livre, il y en a à peine un tiers. Si c'est le même cas dans les films suivants, le calcul est vite fait ; un seul aurait suffi pour faire une adaptation fidèle du livre. Le reste, c'est du rajout.Sans compter que les passages du film qui sont dans le livre ne lui sont pas forcément fidèles ; Azog, encore lui...Du coup, lire que Peter Jackson réfute les critiques qui disent que trois films c'est trop, et qu'il ne faut pas y voir une attitude mercantile... J'y crois pas. Parce que s'il avait voulu faire un film uniquement centré sur Bilbo et fidèle à l'histoire, il aurait pu. Et le problème, c'est que Tolkien était bien meilleur conteur que Jackson...Tout ça plus le fait que visuellement, ça pue à mort le numérique (bien plus que le SDA), que la musique soit un copier coller de celle du SDA (mêmes thèmes qui reviennent, omniprésente...)... Même si la performance de Martin Freeman est excellente, qu'il y a deux bons moments, ça ne suffit pas à sauver le film. Je n'irai pas payer pour voir les suivants.

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Nobody a écrit :Et le problème, c'est que Tolkien était bien meilleur conteur que Jackson...
Il était surtout conteur sur un autre média, ce qui rend la comparaison entre les deux difficile.(Sinon, je trouve que tu exagères un peu en disant que le film ne contient qu'1/3 d'adaptation pure de Bilbo. En dehors de Radagast - 15min à l'écran grand max, et d'Azog - disons 30min mais je pense être large, je vois pas trop ce qui est SI différent du bouquin)(Je mets volontairement de côté les choix d'adaptation pour rendre le tout plus cinématographique, comme par exemple Bilbo qui fait gagner du temps pendant la scène des Trolls en lieu et place des imitations de Gandalf)

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En bref... J'ai l'impression que Peter Jackson aime avoir le cul entre deux chaises. Il choisit un style différent du SDA au niveau de l'image, beaucoup plus colorée et contrastée, mais multiplie les références au SDA, et ajoute de nombreuses scènes très sombres (l'attaque de Dale, celle de la Moria...)
J'ai également eu cette impression qui m'a légèrement surpris mais moins que toi visiblement :). Le coté plus sérieux avec le conseil blanc je l'ai trouvé nécessaire il met en place un véritable but à la quête des nains avec un ton plus épique, de mon avis. L'intro m'a bien immergé dans l'histoire également.

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Ce n'est pas parce que j'évoque ce que serait le comique de situation d'un templier qui se figerait un an et demi à l'avance dans une promesse de jeter haro sur le troisième volet à venir de Jackson que je crois commettre un sous-entendu délétère. Je postulais plutôt que nul ne tiendrait particulièrement se retrouver dans une situation pareille.Tout le monde aura compris, du moins je l'imagine, que le comique de situation serait le même s'il s'agissait d'un affichage partisan de P Jackson.Après, la question se pose évidemment différemment pour des intervenants qui AURAIENT des liens organiques avec la 'franchise Tolkien' ou bien la 'franchise Jackson', car si c'est le cas, ils peuvent trouver intérêt à faire savoir à leur mandant qu'ils lui resteront fidèles au moins aussi longtemps que durera le contrat.Mais comme je n'ai ce type de lien avec aucune des deux franchises, et que je crois partager cette particularité avec l'écrasante majorité des spectateurs du film et des lecteurs du livre, je veux croire que mes sous-entendus, à supposer qu'il y en ait, ne font que refléter la position de quiconque se désire libre de son jugement aussi bien vis-à-vis du film que vis-à-vis du livre.En ce qui me concerne il y a un certain nombre de choses que pour l'instant j'apprécie dans le livre et que j'apprécie moins dans le film, même s'il y a de nombreuses choses que j'apprécie dans le film. Mais il est vrai aussi que je considère qu'il est bien plus facile d'écrire un livre que de réaliser un film, puisque dans le second cas on est tributaire économiquement de la maison de production, artistiquement de la perception du public, juridiquement des ayant-droits, etc. etc.Ce n'est pas d'hier que les écrivains s'estiment trahis par leurs adaptations filmées. Dans ce domaine, c'est même plutôt la règle que l'exception. Ce qui me gêne un peu, c'est quand on crie à la trahison alors que l'adaptation filmée remporte un succès monstrueux qui remplit par ricochet les caisses de la franchise adaptée se remplissent, tandis que par ailleurs l'adaptation filmée accomplit des efforts manifestes pour porter une fidélité à l'oeuvre.Si PJ s'était loupé devant le grand public, et que le film termine à plat-ventre, la franchise littéraire n'aurait que ses yeux pour pleurer. Alors qu'à mon avis pour l'instant on n'en est pas là. Par contre il est très possible que le prestige de Jackson fasse de l'ombre à d'autres réalisateurs (le marché du spectacle n'étant pas extensible à l'infini), et que son succès renouvelé lui vaille de nombreux adversaires. Je ne prends pas parti, je m'attends simplement à ce que les bisbilles anti-PJ soient nombreuses et, je le crains, qu'elles deviennent bien plus rudes et récurrentes qu'elles l'ont été avec le SdA.On n'en est pas encore à parler de plan com à la complotiste, mais tout de même, on peut s'étonner d'avoir vu Jar-Jar-Binks évoqué sur la SEULE critique qui a filtré avant d'être dupliquée partout, ou encore d'avoir vu les "décors en toc" stigmatisés partout à propos de la 3D/48, and so on. Dès qu'une critique du film porte un poil de let-down, elle est propagée de façon étonnamment répétitive.. Car s'il s'agit de comparer la fidélité adaptative de Jackson vis-à-vis d'autres fidélités à des franchises, il y aurait bien de quoi dire. Par exemple j'ai vu une adaptation où l'on voit Rackham décrit quasiment en réincarnation satanique du mal éternel d'origine vaguement russe sous prétexte qu'il est... rouge ! Appeleriez-vous ça un modèle de fidélité à l'esprit de Tintin ? Hergé n'avait pas ce manichéisme-là, si américain.On devrait pourtant s'en douter, qu'Hollywood n'est pas Wellington et vice-versa.

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Il y a le passage avec les wargs avant l'arrivée à Fondcombe qui, si je me souviens bien, n'est pas dans le livre, ainsi que les deux introductions... Avant que le titre n'arrive, il y a beaucoup de temps qui passe.Il y a aussi le passage de l'histoire de Thorin, de sa rencontre avec Azog...Le conseil blanc, pareil. Je sais qu'il y en a d'autres, je me suis dit ça à de nombreux moments, mais je ne saurais plus tous les énumérer :

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Quant à Faramir, qu'est-ce que l'histoire aurait gagné à disposer d'un Aragorn-bis, homme-lige de Gandalf qui plus est ?Du début à la fin, Aragorn et Gandalf sont la main dans la main !En fait, c'est Aragorn qui a récupéré les côtés Aragornéens et gandalfophiles de Faramir, permettant à ce dernier de gagner en autonomie psychique et de se recentrer par rapport au drame des héritiers du Gondor, ce qui n'était pas superflu compte tenu de la ressemblance chevelue entre Aragorn, Boromir et Faramir.D'ailleurs Faramir a aussi récupéré les faveurs d'Eowyn, ce qui non seulement fait plaisir pour elle tant on la redoutait inconsolable, mais prouve au passage que le Faramir de Jackson n'était pas si éloigné que ça d'un tempérament royal de Paladin vu que c'est lui qui, au final, récupère le Rohan à défaut du Gondor.

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Nobody a écrit :Il y a le passage avec les wargs avant l'arrivée à Fondcombe qui (..) n'est pas dans le livre
Moi aussi cette présence incongrue des wargs m'avait gêné, mais elle a permis de contraindre les nains à se réfugier à Fondcombe sans l'avoir programmé, plutôt qu'à s'y prélasser. D'ailleurs les nains s'empressent de ne pas y séjourner, la faute à pas de viande mais pas seulement. Non seulement le scénario est abrégé grâce à cela, mais l'animosité entre les nains et les elfes est 'préservée', de sorte qu'elle continue à jouer un rôle crédible dans les mésaventures de Mirkwood puis l'allumage de la querelle entre les uns et les autres une fois Smaug abattu.D'ailleurs la présence des Wargs près de la Comté n'est pas si incongrue que ça, vu que dans le livre la présence des trolls près de la Comté était aussi jugée incongrue et inquiétante (bien que ça ne colle pas trop avec l'existence de leur cave remplie de reliques).Mais il est clair que la dissémination des vilains dans le scénario des Jackson est plus prononcée que dans le livre. Leur 'camp' est beaucoup plus interconnecté, alors que dans le livre les nains baguenaudent dans la cambrousse durant des jours et des jours sans encombre, ce qui menaçait d'être assez peu gripping pour le spectateur.

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Milieuterrien a écrit :je considère qu'il est bien plus facile d'écrire un livre que de réaliser un film,
Question de point de vue, créer à partir de rien, ça devrait justement inspirer des cinéastes de talent, des créateurs d'univers.
Ce qui me gêne un peu, c'est quand on crie à la trahison alors que l'adaptation filmée remporte un succès monstrueux qui remplit par ricochet les caisses de la franchise adaptée se remplissent, tandis que par ailleurs l'adaptation filmée accomplit des efforts manifestes pour porter une fidélité à l'oeuvre.
On en reparlera quand on verra la news indiquant un nouveau procès d'un studio qui ne paie pas sa part du contrat à l'ayant-droit littéraire.
Si PJ s'était loupé devant le grand public, et que le film termine à plat-ventre, la franchise littéraire n'aurait que ses yeux pour pleurer.
Heureusement, l'adaptation ratée d'un bon livre ne change pas qu'il reste un bon livre.
Car s'il s'agit de comparer la fidélité adaptative de Jackson vis-à-vis d'autres fidélités à des franchises, il y aurait bien de quoi dire. Par exemple j'ai vu une adaptation où l'on voit Rackham décrit quasiment en réincarnation satanique du mal éternel d'origine vaguement russe sous prétexte qu'il est... rouge ! Appeleriez-vous ça un modèle de fidélité à l'esprit de Tintin ? Hergé n'avait pas ce manichéisme-là, si américain.
Si tu parles du Tintin, PJ a travaillé dessus, non ?
On devrait pourtant s'en douter, qu'Hollywood n'est pas Wellington et vice-versa.
Et Warner, c'est canadien comme studio ?

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Non mais Milieuterrien, tu n'as jamais lu le Seigneur des Anneaux ??? Vu ce que tu racontes sur Rackham le Rouge (et même si ton analyse du personnage me fait plus sourire qu'autre chose), tu pourrais au moins comprendre dès lors le point de vue de certains lecteurs...

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Quant à Faramir, qu'est-ce que l'histoire aurait gagné à disposer d'un Aragorn-bis, homme-lige de Gandalf qui plus est ?Du début à la fin, Aragorn et Gandalf sont la main dans la main !
Ben, justement. Aragorn n'est pas 100% humain et cela faisait plaisir d'avoir un personnage si droit tel que Faramir qui défendait un peu l'humanité (le coeur des hommes si aisément corruptible) alors qu'Aragorn n'a pas autan confiance dans la race des hommes (c'est ça quant tu es élevé chez les elfes) il hésite à embrasser sa destiné de roi. Faramir lui assume totalement ses responsabilités et a un très bon jugement de la situation. Et ça fait plaisir qu'il remballe l'anneau ^^. Je rejoins donc l'avis de Druss sur Faramir.Et Faramir ne récupère pas le Rohan, il reste intendant et reçoit le titre de prince de l'Ithilien par Aragorn. C'est Eomer le roi du Rohan :).

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Nobody a écrit :Il y a le passage avec les wargs avant l'arrivée à Fondcombe qui, si je me souviens bien, n'est pas dans le livre, ainsi que les deux introductions... Avant que le titre n'arrive, il y a beaucoup de temps qui passe.Il y a aussi le passage de l'histoire de Thorin, de sa rencontre avec Azog...Le conseil blanc, pareil.
Tu as raison, il y a effectivement ces ajouts. Mais je persiste à penser qu'ils ne dépassent vraiment pas la moitié de film, encore moins 2/3. ;)(Faudrait demander à mourad d'aller revoir le film et de chronométrer :mrgreen:)
Gillossen a écrit :Vu ce que tu racontes sur Rackham le Rouge (et même si ton analyse du personnage me fait plus sourire qu'autre chose), tu pourrais au moins comprendre dès lors le point de vue de certains lecteurs...
Ahah, +1 ^_^

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Bon 9 pages de critiques c'est long. :pTout comme Eolle, j'ai passé l'année à éviter tout trailer ou spoiler sur ce film afin de ne pas avoir d'anticipation positive ou négative sur le produit, au point de fermer les yeux durant les trailers au cinéma tout en me bouchant par alternance l'oreille gauche puis la droite, puis la gauche,etc... pour couper le son et ne rien comprendre. :sifflote: :pJe l'ai vu également en 2D et VOST! :yeah:Les seules choses que je connaissais avant de m'y rendre étaient: le decoupage en 3 films qui relevait pour moi de la pure arnaque commerciale, l'angoisse d'une version 3D imposée et un certain dubitatisme envers l'ajout d'appendices du SDA.Au final j'ai particulièrement apprécié le film presque plus que le seigneur des anneaux par certains côtés.Tout d'abord, pour moi, après la sortie des 3films du SDA, il m'est impossible de les considérer en tant que 3 films indépendants, pour moi l'oeuvre de P.J se comprend mieux dans son intégralité, tout comme celle de Tolkien. Selon moi, le hobbit ne s'appréciera à sa juste valeur qu'une fois les 3 films sortis. J'irais même plus loin: P. J. est en train de créer une grande fresque cinématographique composé de 2cycles racontant l'histoire continue de la terre du milieu à la manière de Lucas et son star wars. Quelque soit l'avis que l'on porte sur star wars, le mien n'est pas des plus bon, force est de constater que Lucas a su créer un univers cinématographique "pourvoyeur de rêves" et au final c'est ce que j'attendais de P.J. a travers l'adaptation de l'oeuvre de Tolkien. Pour ma part je trouve qu'il s'en sort très bien.Tout le monde s'accorde a dire que cette 1ère partie du hobbit est très proche de la communauté de l'anneau sans le souffle épique du sauvetage du monde. Ce film est très onirique, comme une invitation au voyage, tout comme la communauté de l'anneau l'était pour le SDA. Personnellement, j'ai trouvé le rythme lent, quasi-contemplatif complètement en adéquation avec le statut de prologue de ce film, à la fois prologue de ce cycle mais également de l'oeuvre entière, une entrée par la porte d'une histoire d'aventuriers dans l'Histoire d'un monde.La glissade de l'onirisme vers l'épique était très présente dans la trilogie du SDA et je pense que le choix du rythme du film du hobbit augure bien d'une certaine symétrie à venir dans cette nouvelle trilogie. Après tout, la dernière partie du film est plus rapide et se tourne déjà plus vers l'action. Enfin, pour clôre le sujet du rythme, J'aurai pour ma part été déçu de partir dans un film épique qui chercherait à atteindre voire à dépasser le niveau épique du SDA pour acquérir une quelconque légitimité. Pour moi, même la bataille des cinq armées n'aura pas le même souffle épique que les batailles finales du SDA. Et je ne veux pas dire par la que P.J. peut très bien les bacler, mais simplement que le combat pour la restoration d'un royaume nain c'est moins "sexy" que la sauvegarde du monde. D'ou l'intérêt de dépasser l'attendue comparaison sur l'épique entre le hobbit et le SDA en créant un souffle épique différent propre au premier cycle, peut-être plus lent à démarrer. Car quand je regarderai les six films d'affilée, (oui je le ferai sûrement) :sifflote: , le SDA sera forcément plus épique que le hobbit car l'histoire originale s'y prête mieux.Ce film est, pour moi, avant tout un prologue poétique et onirique! D'où le fait que toute la partie avec Radagast, son traineau de lapins et la forêt lentement corrompue s'intégrait parfaitement bien, de même que les flashbacks épiques sur Erebor ou la Moria racontés à la manière des longues veillées d'hiver, ou des chants nains.La photographie est toujours aussi belle, et la Nouvelle-Zélande semble définitivement un pays à arpenter à pied ou à cheval. J'ai particulièrement apprécié un certain plan statique d'une forêt traversée par le groupe avec des effets de rayons de soleil éclairant l'image seulement par endroits.J'ai eu l'impression, comme certains l'ont déjà dit de voir une version longue sortie directement au cinema. un film fait par un passionné pour les fans et sorti intégralement sans tronquage commercial. Le film aurait pu difficilement pu être plus long, sans devenir ennuyant pour les non-fans. Pour moi, vu les choix de rythme et scénaristiques de P.J. cela donne une certaine légitimité au découpage en trois films même si je ne suis pas assez naïf pour croire que c'en est la raison principale, money money...Pour ma part, j'ai apprécié les piques d'humour parfois limites anachroniques ou absurdes, humour déjà présent dans les versions longues du SDA mais que je trouve mieux intégré et maitrisé dans ce film. L'ambiance moins apocalyptique du récit s'y prête peut-être aussi mieux.Et j'ai bien aimé le look des nains! :D Justement car il n'est pas emblématique de leur race, mais reflète un agglomérat de mineurs, trappeurs, chasseurs, aventuriers plus en adéquation avec l'image que je me fais d'un peuple errant et de la "dégénérescence sociale" que cette perte a du occasionner que s'ils avaient tous débarqué en armure de légions naines comme dans les scènes d'Erebor.La question de la coupe des cheveux/barbes m'est, je l'avoue, passée complètement au-dessus car je ne connais pas assez bien cet aspect de Tolkien. En même temps, je trouve qu'à ce niveau de critique on touche à la question de la viabilité de se lancer dans une adaptation qui fera forcément des mécontents. D'autant plus, qu'autant alors se pencher sur des questions véritablement importantes la teinte rouge/bordeaux du manteau de bilbo est elle véritablement en adéquation avec la mode hobbit de cette année là... :sifflote:J'ai trouvé les nouveaux acteurs très bons et cohérents. Charles Armitage arrive à dégager cette même impression de majesté malgré son statut de roi errant (que développait Viggo Mortensenen son temps), tout en arrivant bien à exprimer cette espèce de rage intériorisée du personnage de Thorin. Martin Freeman, comme d'habitude très juste dans son interprétation d'un personnage arrivant même à lui donner en sus un timbre so british qui s'intègre parfaitement au personnage du hobbit, particulièrement dans les scènes de la Comté. Ian Mc Kellen toujours aussi doué, la scène avec Galadriel est très forte, par contre il me semble que l'acteur a pris un petit coup de vieux.La bande-son est une franche réussite, malgré quelques reprises. Mention spéciale, bien évidemment, à Misty Mountains: poème admirablement mis en musique sous la forme de ce choeur de Nains qui renforce l'aspect désespéré du morceau. Le morceau remixé durant le générique de fin est, je trouve, particulièrement intéressant également, très proche du folk écossais tant au niveau du timbre de la voix que de celui de la guitare. Tout particulièrement du musicien Roddy Woomble, que je vous encourage à découvrir si ce n'est pas déjà fait. Le morceau "a very respectable Hobbit" avec ses flûtes est magnifique également très proche du folk irlandais et du morceau "concerning hobbits" dans le SDA.Pour ma part j'ai particulièrement aimé:
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A mon sens l'élément le moins maitrisé du film, c'est la scène d'accroche au début du film avec Frodon. Joli clin d'oeil, mais, hélas, mal maitrisé. En l'état, j'en viens a me demander si elle ne s'intégrerait pas mieux dans la communauté de l'anneau en écho à cette trilogie du Hobbit. La scène ou Radagast traduit au spectateur ce que lui dit l'oiseau c'est pas des plus réussis non plus. :PLe film ne sera jamais parfait pour tous, mais je trouve que dans l'oeuvre cinématographique de P.J. il s'intègre parfaitement et tant pis si l'adaptation délaisse le caractère enfantin du livre. On ne pouvait pas attendre de P.J. qu'il sorte un film pour enfants à moins de le faire travailler sous les ordres de Disney. Et vu le travail de Disney sur le matériau du Seeker je suis plus qu'heureux que P.J. ait imposé sa vision du hobbit.Pour moi, P. J. prouve une nouvelle fois qu'il est l'un des trop rares réalisateurs capables de réussir un film de Fantasy. Une très belle réussite à tous points de vue que ce hobbit, à la hauteur de la longue attente qui l'a précédé. Un retour magique dans la Terre du Milieu qui me laisse toujours aussi rêveur qu'il y a dix ans. Et au fond, je n'en demande pas plus! :)Merci Peter Jackson!

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Tolkien Dieu-vivant, Jackson misérable copieur sans âme uniquement motivé par l’appât du gain... je force à peine le trait de ce qu'on peut lire un peu partout.Essayons d'y voir plus clair:Tolkien a-t-il inventé la fantasy ? Évidemment non. Il a a réalisé SA synthèse des multiples mythes dans lesquels il a abondamment pompé. La plus complète, la plus aboutie de toutes à ma connaissance. La plus créative ? A chacun de juger.Tolkien plus grand écrivain de Fantasy de tous les temps ? Sûrement pas, tant son style est daté, souvent ampoulé, et parfois répétitif et lourd. Sue ceux qui n'ont jamais sauté une de ces chansons ou relu en accéléré certains passages interminables me lancent la première pierre...Pour faire très court, Tolkien a écrit des romans destinés à être lus par petits bouts à ses enfants et/ou amis, pas forcément pour être lus d'une traite. Il faut prendre le temps de le déguster et passer outre ses lourdeurs.Si ses histoires touchent des centaines de millions de spectateurs à travers le monde entier c'est grâce à l'universalité de son propos, et sa capacité à avoir absorbé et digéré le meilleur de ce que la Fantasy avait pu produire. Une anthologie à lui tout seul...Jackson? On parle de lui comme un nabab du cinéma hollywoodien, un rapace avide et paresseux qui recycle le SDA faute de créativité (en oubliant vite que Tolkien a largement recyclé le Hobbit en faisant le SDA). Revenons un peu en arrière (pour tous ceux qui ont la mémoire courte): un obscur cinéaste dont personne n'a entendu parler (qui a vu le génial Braindead? Quelques milliers de chanceux...) qui a à son actif un seul film dont on a un peu parlé (Fantômes contre fantômes) aux effets spéciaux surprenants pour l'époque. Bref, un petit réalisateur pas bankable du tout et surtout pas voué à diriger l'un des plus gros gouffres financiers potentiels de l'histoire du cinéma, un de ceux dont une Major ne se remet pas. Ce type a bossé dix ans sur ce projet, créé de toutes pièces la société Weta pour réaliser ce qu'il avait en tête, soulevé des montagnes, berné les bailleurs de fonds avec le mirage Arwen sur lequel le financement a pu se monter, passer d'un film à deux puis trois, réunir autour de lui les meilleurs illustrateurs Tolkiensites, une foule de pros (décors, costumes, maquillage, musique etc...) largement couronnés depuis...Alors, oui, aujourd'hui un Del Toro aurait pu se glisser dans les bottes du Hobbit avec l'énorme logistique recréée à l'occasion. Mais il a jeté l'éponge (à mon grand soulagement) parce que l'investissement était trop exigeant et qu'il ne voulait pas passer des années de sa vie à se battre pour mener ce projet de fous à bien.C'est toute la différence entre un passionné (Jackson ou dans une moindre mesure Del Toro qui s'il lance mille projets en mène peu à terme) et l'un des innombrables mercenaires de la caméra dont certains nous disent qu'ils auraient pu mieux faire (et je répète, donnez des noms!)...

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Faire le Hobbit en trois films pour faire trois fois plus de fric?En quoi est-ce un problème si les trois histoires sont bonnes (typiquement français, ce rapport à l'argent)?Pour moi, c'est trois fois plus de bonheur et tant pis/tant mieux si les producteurs s'enrichissent. Après tout personne ne m'oblige à payer ma place et acheter les DVD/Blue Ray!Est-ce que l'on reproche à un écrivain d'étirer sa saga pour payer ses impôts ?

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Foradan a écrit :Et Warner, c'est canadien comme studio ?
Evidemment non, ce qui a sans doute son lot de côtés positifs et négatifs. On peut se demander si PJ n'a pas été contraint de 'Warnériser' ici ou là son scénario, ce qui le protège d'un certain point de vue mais peut avoir aussi un peu altéré l'esprit de l'adaptation.Interrogée sur la scénarisation, Fran Walsh ne parle pas en mal de Warner (ce qui lui est de toute façon interdit par le contrat signé), mais quand elle a été interrogée par un journaliste, en compagnie de P Boyens, elle a quand même éprouvé le besoin de dire, (en riant certes) se sentir 'détruite'.Il n'y a pas qu'à Frodon qu'on ne dit pas tout...Concernant les livres, on ne peut pas exclure qu'il y ait des quantités de récits de grande valeur qui feraient un tabac s'ils étaient adaptés par des réalisateurs aussi capables que ceux dont nous débattons. Et des films, il en existe beaucoup, mais historiquement de plus en plus sur des scénarios originaux écrits directement pour être filmés, ce qui leur évite d'être soumis au grill la fidélité à une oeuvre originale prestigieuse et bombardés par la critique sous ce motif. C'est d'ailleurs pour cela que les oeuvres littéraires à la fois contemporaines et prestigieuses sont devenues si rares, en dehors des oeuvres d'auteurs s'épanouissant dans des régions du monde d'où l'industrie du cinéma est absente. Quelle que soit la qualité de leur travail, la renommée des écrivains pâtit dès qu'ils ne sont pas portés à l'écran. La littérature en général avait régné aussi longtemps que le cinéma n'avait pas encore accaparé l'attention du public pour les fictions. Le hobbit fait figure d'exception, car en tant qu'oeuvre de fantasy située dans un monde imaginaire aux contours flous, et en tant qu'oeuvre pour enfants, son adaptation n'a longtemps pas intéressé les réalisateurs et a joui sans concurrence de l'originalité de son monde virtuel - outre la qualité d'écriture de Tolkien, qui n'était pas le premier venu.P Jackson a collaboré avec S Spielberg pour Tintin, certes, mais sûrement davantage pour surmonter les défis technologiques que pour prêter la main à la scénarisation, sinon ça aurait peut-être évolué pour le réalisateur de Rencontres du Troisième Type comme ça a évolué pour G Del Toro... Mais évidemment Spielberg n'est pas Del Toro, l'univers d'Hergé n'est pas la Terre du Milieu, et Spielberg comme PJ avaient leurs raisons de choisir l'ordre de passage qu'ils ont choisi.

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P Jackson a collaboré avec S Spielberg pour Tintin, certes, mais sûrement davantage pour surmonter les défis technologiques que pour prêter la main à la scénarisation, sinon ça aurait peut-être évolué pour le réalisateur de Rencontres du Troisième Type comme ça a évolué pour G Del Toro... Mais évidemment Spielberg n'est pas Del Toro, l'univers d'Hergé n'est pas la Terre du Milieu, et Spielberg comme PJ avaient leurs raisons de choisir l'ordre de passage qu'ils ont choisi.
Non mais tu admettras que tu as l'air beaucoup plus "coulant" pour les écarts avec une œuvre dont tu ne connais pas la version papier qu'avec un Tintin. :)

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Cian a écrit :Tolkien Dieu-vivant, Jackson misérable copieur sans âme uniquement motivé par l’appât du gain... je force à peine le trait de ce qu'on peut lire un peu partout.
alors que j'ai l'impression de voir l'inverse un peu partout, mais la différence doit se faire selon des critères personnels selon que les gens connaissaient/aimaient le livre ou pas.
Tolkien a-t-il inventé la fantasy ? Évidemment non. Il a a réalisé SA synthèse des multiples mythes dans lesquels il a abondamment pompé. La plus complète, la plus aboutie de toutes à ma connaissance. La plus créative ? A chacun de juger.Tolkien plus grand écrivain de Fantasy de tous les temps ? Sûrement pas, tant son style est daté, souvent ampoulé, et parfois répétitif et lourd.
j'aurais tellement à répondre à ça...donnez-moi un micro, une caméra, du papier, du temps, du temps !!
Sue ceux qui n'ont jamais sauté une de ces chansons ou relu en accéléré certains passages interminables me lancent la première pierre...
Nan, là, c'est trop facile, ce n'est plus le bâton pour se faire battre, c'est armer le trébuchet :)
l'un des innombrables mercenaires de la caméra dont certains nous disent qu'ils auraient pu mieux faire (et je répète, donnez des noms!)...
Sam Raimi, Guillermo del Toro, Alfonso Cuaron, ça aurait pu être intéressant à voir.
En quoi est-ce un problème si les trois histoires sont bonnes ?
Si c'est le cas, il n'y a pas vraiment de problèmes, à part attendre en rongeant son frein. Si ce n'est pas le cas par contre, on peut être déçu en imaginant que c'était mieux quand il n'y avait que des projets avec tout le potentiel possible, pour chacun à sa façon dans sa tête. Une fois figée sur l'écran, les espoirs ne sont plus, les choix imposés à l'oeil.je suis partisan de l'idée que l'attente et le déballage d'un paquet cadeau peuvent générer plus de jouissance que le cadeau lui-même passé la découverte (j'ai des photos témoins :) )

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Gillossen a écrit :Milieuterrien, tu n'as jamais lu le Seigneur des Anneaux ???
Eh oui, je m'auto-limite ! Et je crois que tout le monde ne s'en plaindra pas ;)Pour le SdA, je me suis borné à essayer de discerner la logique interne de la trilogie filmée et ses échos avec l'environnement réel qui soit pouvait entourer Tolkien, soit concernait les JdR (Jeux de rôles) inspirés de l'univers de Tolkien, ce qui est un champ déjà suffisamment vaste. D'autres font l'impasse sur l'environnement réel pour se focaliser sur la fidélité du film avec l'oeuvre écrite, c'est un autre choix, qui a aussi sa légitimité. De toute façon, je crois que nous tomberons d'accord pour considérer que dans le cas du SdA, envisager l'écho triplex entre le livre + le film + l'environnement réel, équivaudrait à s'embarquer pour l'indigeste.Cela dit, pour Bilbo/Le Hobbit, ce pourrait être un petit peu plus consommable.__________Sinon, je ne sens pas si coulant que ça envers les écarts d'adaptation entre Le Hobbit et Bilbo, surtout que, contrairement à ce que j'ai fait pour le SdA, cette fois j'ai relu le livre (en VO sur kindle, les autres formes de ré-édition récente n'ayant pas tout fait pour m'appâter), avant de me rendre au guichet :Par exemple, la scène qui me gêne le plus est d'avoir vu Bilbo se jeter sur Azog avec son coupe-papier sans même avoir l'idée de glisser à son doigt son fichu anneau. D'une part, parce que fournir ce prétexte à Thorin pour se jeter dans ses bras me gêne car à mon avis il est essentiel que Thorin n'embrasse pas Bilbo, sauf si plus tard Thorin rejette Bilbo, le réadopte et ainsi de suite. Mais surtout, parce que le Bilbo de Bilbo n'est jamais, jamais, jamais ce kamikaze-là dans le livre.Il en découle qu'à mon avis ni PJ ni ses muses n'ont pu commettre ce sapristilège-là de gaîté de coeur. J'y vois plutôt un diktat de la Warner paniquée par la deadline, et pour qui tous les hobbits sont pareils au Peregrin Took qui se jettera en hurlant sur les orques de la Moria après avoir joué les Gaston au bord du puits.______PS - Les écarts de Spielberg avec Hergé sont abyssaux. Est-il vraiment utile de les comparer avec les retouches et les petites greffes d'Anneau du Hobbit ?

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Ah, Foradan, je t'offre tout le temps nécessaire pour répondre à ma provocation :pJ'ai un immense respect pour Tolkien et j'ai lu et relu ses livres, mais cela ne m'empêche pas de noter ses travers (selon mes critères personnels) littéraires.En ce qui concerne quelques remarques lues ici, il est à noter qu'il n'est pas si absurde de voir Bilbo se dresser face à Azog pour défendre Thorïn (Azog est d'ailleurs cité comme le meurtrier du grand-père de Thorïn, ce n'est pas une invention pure).Dans la scène des Trolls, Bilbo suit Thorïn qui se jette sur eux et en attrape un par la jambe avant de se faire éjecter comme un vermisseau. Il a donc du courage à revendre notre grassouillet héros.Par ailleurs, avant l'arrivée chez Elrond, Tolkien décrit un lieu qui ressemble bien à celui où les wargs pourchassent Radagast (même si cette poursuite est inventée): je cite "Il semblait n'y avoir pas d'arbres, pas de vallées, pas de collines pour rompre la monotonie du pays qu'ils avaient devant eux (...), un large espace couleur de bruyère et de rochers éboulés, avec des taches et des pans de vert herbeux ou moussu..."Quant aux elfes, si Elrond accueille à bras ouverts ses visiteurs, entouré d'elfes joyeux qui chantent et jouent de la musique à tout va, il est bien spécifié que les nains ne s'entendent pas avec eux (ne serait-ce que parce que les elfes se moquent d'eux).Le film ne trahit donc pas tant que cela ce cher Tolkien... Bon, il est largement temps que j'enfile mes bottes. La Terre du Milieu m'attend!Gollum! Gollum!