pierrebrrr a écrit : mer. 25 mars 2026 09:40
Pour moi c'est un immense coup de coeur, la révélation d'une autrice meme, dont je vais suivre la moindre parution.
Alors ça mon petit Pierre, ce sont des mots qu'il faut peser quand on n'a pas fini de lire le livre dont on tresse déjà la couronne de lauriers !
J'ai terminé sur une déception croissante, qui a culminé avec le final pyrotechnique, pour me laisser une impression fort nuancée de l'ouvrage, avec de sacrés morceaux dans les deux plateaux de la balance.
Les points faibles:
Je n'ai jamais réussi a dépasser mon incompréhension du cadre posé par l'autrice. La Maison n'apparait jamais sur les réseaux sociaux, elle est la scène de la tournée théatrâle des Yaga, et personne ne s'en étonne alors qu'elle devrait en être l'attraction principale, même involontairement, la Baba Yaga du récit n'est pas celle de notre réalité, mais le monde du roman est bien le nôtre, le méchant est même comparé par un personnage à Terminator, ce qui est l'indice d'une pop culture identique a celle que nous connaissons.
Les personnages principaux sont intrigants: leurs pouvoirs, assez particuliers, même originaux dans le cas du frère. Mais c'est un vernis: dessous il sont agités par des problématiques de culpabilité, de recherche de rédemption et d'acceptation de soi très banales, traitées très banalement.
Le développement de l'intrigue en lui même l'est tout autant: une traque des héros par un personnage puissant, maléfique, prêt à tout et particulièrement déterminé. Il échouera, évidemment. Les épisodes de la traque deviennent répétitifs après que l'on a compris la nature du poursuivant, et pire, les scènes d'action manque vraiment d'imagination dans leur scénographie. Les personnages secondaire semblent tous avoir été créés dans le seul but de nous faire passer un petit message sur l'état de la société, et j'avoue que c'est une tendance de la fiction américaine contemporaine que je ne supporte plus. EN tous cas qui me sort immédiatement de ma lecture.
Mais alors, mazette, qu'est ce qui m'a tellement enchanté au départ ?
Les points (hyper) forts:
D'abord les qualité de conteuse de GenaRose Nethercott. Dès qu'elle s'éloigne du psychologique, du dramatique au sens moderne, pour aller vers le conte, ça devient génial.
Tout ce qui a trait au spectacle imaginé par les Yaga est fomidable: c'est une véritable petite piéce pour marionnette que l'on découvre, et ça donne très envie de voir les spectacle de l'autrice. là, elle réinvente des stéréotypes de ce genre de théâtre, mais on comprend tout de suite où elle veut en venir sans que cela soit jamais lourd. J'ai pensé à La guilde des queues de chats morts et la manière dont Djeli Clark utilise dans son récit la légende qu'il a inventé comme arrière plan aux festivités pendant lesquelles son roman se déroule.
Encore plus fort: les chapitre racontés à la première personne par la maison, qui décrive la vie de Baba Yaga (qui n'est pas celle des contes illustrés par Bilibine). Bien entendu ils n'auraient pas la même force présentés pour eux même sans le reste, mais je les ai trouvé infiniment au dessus du reste. Dans ces parties tout fonctionne: les images sont fortes, les personnages existent pour eux même au delà de toute volonté moralisatrices, Nethercott fait confiance à ses images pour faire sens sans éprouver le besoin de les expliciter.
Dans ce moments, tout le reste est pardonné !
Un livre en dent de scie, donc, très loin du chef d'oeuvre, mais qui cache en son sein un chapelet de petit diamants.
Et je n'ai pas parlé du prologue, éblouissant, un chef d'oeuvre en soi, qui pout très bien se lire seul pour avoir un aperçu des qualités de son autrice.